‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 190 sur 252 · CHAPITRE III. — LES MISSIONS. AlQ · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — LES MISSIONS. AlQ

lions d'habitants, et tout cela ne forme qu'un seul diocèse. Sur ces cinquante millions on ne comptait en i853 que soixante-dix mille chrétiens. »

C'est de cette mission que s'occupait surtout le P. de Ponlevoy. Il aurait été heureux d'y être personnellement appliqué. Il y envoyait du moins un grand nombre de religieux, et il avait coutume de dire qu'on gagne toujours à donner de bons ouvriers et à faire de généreux sacrifices d'hommes et d'argent pour soutenir de pareilles œuvres.

Plusieurs questions importantes se présentaient au Kiang-nan dès le début de son provincialat.

Le P. Provincial avait d'abord pensé que les jeunes religieux de nos deux provinces chinoises, le Kiang-nan et le Tché-ly pourraient se former dans deux maisons qui les accueilleraient tour à tour. Au Tché-ly, on recevrait les novices et les philosophes; au Kiang-nan les théologiens; c'était un moyen de se reconnaître et de se retrouver pour s'aider au besoin. Mais il fallut renoncer à ce projet d'une exécution un peu difficile. Le scolasticat et le théologat s'ouvrirent donc au Kiang-nan. Le P. Provincial voulut d'abord que les nouveaux arrivés consacrassent une année à l'étude presque exclusive delà langue, puis ils devaient se livrer, de concert avec les religieux indigènes, aux travaux sérieux de la philosophie et de la théologie.

A cette fondation, on en joignit une autre, celle d'un centre scientifique. Frappé des fruits précieux que les sciences avaient produits autrefois en Chine, il pensa que dans un pays aussi constant dans ses traditions, les mêmes causes pourraient amener les mêmesrésultats. 11 estd'ailleurs plus facile aujourd'hui qu'au temps des Ricci et des Adam Schall de vulgariser les connaissances mathématiques et physiques. Il suffirait de quelques mois pour apporter en Chine des instruments bien plus parfaits que ceux de nos anciens Pères. Les Chinois ne progressent plus. On peut donc, à moins de frais, ravir leur admiration, et conquérir leur sympathie, avant de leur parler du Maître du ciel.

Déterminé par ces motifs, le P. de Ponlevoy se résolut à faire les sacrifices que réclamait le centre scientifique.

Il y avait parmi les professeurs de notre école préparatoire de la rue Lhomond, de vrais savants qu'il n'hésita pas à envoyer en Chine. Il n'ignorait pas qu'en donnant à Dieu et aux âmes ce qu'on a de meilleur, on ne s'appauvrit jamais. Un observatoire météorologique et magnétique, des recherches zoologiques et botaniques, des travaux de science et d'histoire furent commandés à ces nouveaux Académiciens de l'Extrême-Orient.

Mais il fallut leur trouver des ressources; et le P. Provincial était accablé par les charges qui

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