‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 191 sur 252 · CHAPITRE III. LES MISSIONS · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. LES MISSIONS

pesaient sur toutes les maisons de sa province. Un jour cependant, il fit venir le Père Procureur de ces Missions, et lui dit : « Je viens de recevoir une boîte fermée. Je ne lai pas encore ouverte, mais je crois qu'elle contient de l'encens. Nous allons partager en bons frères. »

Ils montèrent ensemble dans la chambre du Provincial. Celui-ci ouvrit la boîte : « Tenez, ditil au P. Procureur, il doit y avoir là quelque chose d'autre. Je vais garder l'encens, et je vous donnerai le contenu. » L'enveloppe est brisée, les deux Pères découvrent une somme considérable, cadeau qu'une générosité chrétienne et anonyme venait d'envoyer sous cette forme délicate. Cet argent servit de fondement à robservatoire chinois.

Nous ne pouvons encore connaître que peu de résultats dé ces premiers travaux. Les missionnaires ont et auront encore à lutter contre bien des difficultés. La terre qui a servi aux briques de l'Observatoire magnétique renfermait des parcelles ferrugineuses. Il a fallu reprendre trèssoigneusement tout ce travail. Les naturalistes ont dû remonter les fleuves avec des peines infinies pour se procurer des espèces inconnues en Europe. Mais de nombreuses découvertes, fort appréciées à l'Académie des sciences, ont déjà récompensé leurs travaux.

Les Pères auront à combattre dans les débuts

surtout contre la plus grande de toutes les difficultés, la passion de l'Apostolat.

Obligés de tourner vers l'étude les forces qu'ils pourraient immédiatement consacrer au salut des âmes, il leur en coûtera de ne pas voir des conversions encourager immédiatement leurs ingrates recherches. Mais plus tard, eux-mêmes ou leurs successeurs, se consoleront de leur apostolat scientifique en voyant qu'ils ont été les instruments les plus actifs de la propagation de l'Évangile.

Le second problème qu'eut à résoudre le P. de Ponlevoyfutun problème stratégique. Longtemps les supérieurs avaient cru devoir placer à Changhai leur c[uartier général. On pouvait trouver dans ce port si commerçant un point de ralliement, un centre de ressources, un refuge contre la maladie.

Mais les missionnaires s'aperçurent plus tard que dans cette ville aussi européenne que chinoise, ils n'étaient pas assez contraints de parler la langue, que l'idiome en usage est un patois à peine intelligible dans le reste de la Chine, et qu'on n'exercerait un véritable apostolat dans le Kiang-nan qu'en attaquant le cœur du pays. Un des premiers fondateurs de ces chrétientés, le P. Clavelin disait autrefois : « La mission du Kiangnan est comme une poire. Chang-hai et ses environs ne sont que la queue de la poire. »

On pensait donc à quitter le littoral et às'avan-

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