I. Luc X
m'a rendu à la vie. Cette généreuse aumône de cinq mille francs a sauvé la naissante chrétienté de Ning-ko-fou. »
A la suite de cette lettre, des Pères missionnaires furent envoyés pour cultiver un champ si fécond. Il y a quelc^ues mois, cette partie du Kiang-nan occidental comptait déjà plus de dix mille catéchumènes; quarante églises s'étaient ouvertes; une vingtaine de missionnaires évangélisaient le pays. Mais le bien qu'ils faisaient est si grand que les païens s'en sont émus au point de détruire les églises et de massacrer plusieurs chrétiens.
Espérons que le calme se rétablira après cet orage, et que Mgr Languillat visitant de nouveau ce district pourra dire encore : « C'est la plus belle partie du Kiang-nan. » En tout cas, les Chinois du Ning-po qui, grâce à la charité de nos missionnaires, auront connu les mystères et pratiqué la morale de l'Évangile, seront heureux au ciel de saluer dans le P. de Ponlevoy un de leurs principaux bienfaiteurs.
Celui qui créait ainsi de nouvelles chrétientés en Chine devenait en même temps fondateur en France, mais à son corps défendant. Les ennemis de la Compagnie ne cessent de parler de l'esprit envahissant des Jésuites. S'ils leur repro-' chent de chercher à gagner des âmes à Dieu, ce reproche est fondé et les Jésuites chercheront