‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 195 sur 252 · CHAPITRE m. — LES FONDATIONS · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. — LES FONDATIONS

à le mériter de plus en plus. Mais ambitionner des emplois et des positions honorables, quand on a renoncé à tout pour suivre Jésus-Christ, c'est un peu difficile! Ceux de leurs ennemis qui connaissent mieux ces conquérants si ^dangereux, prétendent que ces accusations, absurdes sous tous les autres rapports, sont vraies en matière d'enseignement. Nouvelle erreur. Il s'agit moins pour nous de multiplier que d'améliorer les centres d'instruction; et de perfectionner la qualité de l'éducation plutôt que d'augmenter le nombre des élèves. Le fait est, qu'après l'essor de i85o, les supérieurs avaient surtout songé à consolider les collèges qui venaient de s'ouvrir. Ils cédaient à une double nécessité : une grande pénurie de personnel et d'argent. Il avait fallu créer immédiatement plusieurs maisons, et nous ne pouvions pas trouver les ressources que prodiguait autrefois la charité des fidèles. Avant que les biens de mainmorte fussent supprimés, nos fondateurs pourvoyaient pour toujours à la subsistance des religieux enseignants. Dans l'état actuel de la législation, ces donations sont impossibles, et il faut s'ingénier de mille manières pour créer et conserver des établissements nouveaux. D'autre part, quand même les Provinciaux auraient pu facilement augmenter le nombre de leurs collèges, le conseil privé de l'Empereur avait résolu, con-

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trairement à la loi de i85o, d'empêcher toute fondation.

Malgré tout, et même avant 1870, la Providence allait forcer et la résistance de la Compagnie et celle du gouvernement. Le P. de Ponlevoy devait se voir obligé, malgré tous ses efforts, à se charger du collège du Mans. L'histoire en est curieuse et touchante; nous y insisterons un peu pour y trouver le type des fondations entreprises par le supérieur dont nous écrivons l'histoire.

A la tête du diocèse du Mans, Dieu avait placé un homme remarquable par la sûreté de sa doctri^ie, la sainteté de sa vie, et la sagesse de ses conseils, Mgr. Fillion. Ayant enseigné avec succès la théologie, l'Ecriture Sainte, les sciences, les langues orientales et modernes, ce prélat comprenait, par raison et par expérience, les avantages d'une éducation religieuse. Aussi avait il salué avec bonheur la naissance et les développements d'une communauté formée nouvellement dans ce but, la Congrégation de Sainte- Croix du Mans. Elle avait acquis successivement de vastes enclos sur une colline qui domine la ville. Mais quand, à la suite de malheurs dont il ne nous appartient pas de faire le récit, cette congrégation dut se retirer de sa maison-mère, la première idée du vénéré prélat fut de confier cet établissement à la Compagnie de Jésus.

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