‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 196 sur 252 · CHAPITRE III. — LES FONDATIONS · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — LES FONDATIONS

Voici comment, à la date du ^3 mai 1868, il en écrivit au P. de Ponlevoy.

ce La Congrégation de Sainte-Croix possède au Mans un collège autrefois florissant, et mainte ■ nant réduit à une trentaine de pensionnaires. Un chapitre général de cette Congrégation doit se tenir à Rome au mois de juin, et il est fort possible qu'il aboutisse à la vente de la maison du Mans, pour liquider les dettes.

ce La Compagnie voudrait-elle bien se charger de cette maison? Ce désir, que je conserve depuis longtemps au fond du cœur, est partagé par tout le clergé, et par toute la société de la ville et du pays. Il est peu de jours où je ne l'entende exprimer.

(S Je vous en conjure; veuillez réfléchir devant Dieu à tout le bien que vous pourriez faire dans une ville de 46 000 âmes, et dans un pays sillonné de chemins de fer en tous sens.

a Je remets cette affaire entre les mains de Notre-Dame Auxiliatrice. Si elle veut bien la faire réussir, je croirai avoir assez fait pour mon diocèse, et je dirai volontiers mon Nunc diniittis . »

Le P. de Ponlevoy refusa d'abord cette fondation par un motif de délicatesse. Convenait-il de se substituera de bons religieux?Ce scrupule tomba devant un acte authentique et une demande directe du chapitre de la Congrégation de N.-D.

43o LIVRE III. — LE GOUVERNEMENT RELIGIEUX.

de Sainte-Croix, en date du ii juillet 1868, et que l'évêque du Mans adressa au P. Général. Mais pour les motifs allégués plus haut, le P. Beckx se vit obligé de refuser.

Le prélat « en eut, selon son expression, la mort dans l'âme. » Il écrivit au P. de Ponlevoy le 24 septembre 1868 :

a Dussé-je passer pour un insensé, je ne veux point désespérer de voir la Compagnie s'établir au Mans. Il m'est impossible de croire que toutes les prières qui se font dans nos communautés, que les vœux unanimes de toutes les familles de mon diocèse, ne soient point exaucés.

« La plus grande difficulté est celle des sujets. Ne pourrait-on pas se borner, en commençant, aux premières classes? Si vous le désirez, je pourrais vous prêter cjuelques auxiliaires. J'ai écrit dans ce sens au T. R. P* Général. S'il vous demandait de nouveau votre avis, je vous en conjure, donnez-le favorable; le Maine, l'Anjou, la Normandie vous auront la plus vive reconnaissance. »

Mais le P. de Ponlevoy était aussi bien armé pour la résistance que Mgr Fillion pour l'attaque. La réponse fut encore négative. Les besoins de la Providence s'aggravaient. Les Missions réclamaient des ouvriers. Les charges de nos maisons étaient fort lourdes. Il serait impossible de trouver les ressources nécessaires pour réaliser une pareille entreprise.

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