‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 198 sur 252 · CHAPITRE III. — LES FONDATIONS · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — LES FONDATIONS

•riété de Sainte-Croix, si bien située pour y étalir un collège, et je me trouverai seul en face 'un lycée où tant de jeunes âmes s'en vont perdre 1 foi chaque année. Mes vénérés prédécesseurs 'ont pas voulu faire concurrence au P. Moreau, t nous n'avons ici aucun établissement d'éducaion chrétienne.

ce C'est à votre cœur, mon Très-Révérend Père, 'est à votre charité et à votre zèle que je confie i grave et pénible alternative dans laquelle je le trouve. Je vais faire prier plus que jamais ans les communautés etles familles chrétiennes our le succès de cette grande affaire. J'ai la conance que Marie immaculée sous la protection de ui je mets ma prière, vous inspirera le moyen e concilier les intérêts de la Compagnie et les ôtres, et nous obtiendra une décision favorable.

a Veuillez m'excuser, mon Très-Révérend Père, t agréer l'assurance du profond respect et de entier dévouement de votre très-humble servi- 2ur in Christo.

oc f Charles, Év. du Mans. »

Cette belle lettre mit l'affaire dans un nouveau )ur.

Une lueur d'espérance arriva au vertueux rélat le 23 décembre; « cette lueur, écrivait-il, uffit pour m'enlever la douleur d'une attaque de

goutte ; la certitude m'en eût guéri complètement. » \ La certitude n'existait pas cependant. Le conseil! privé de l'Empereur avait, contrairement à la] la loi de i85o, décidé d'arrêter toute nouvelle] création de collège libre.

Un ministre d'autant plus ennemi de la liberté' qu'il en affichait le culte, disait à un député qui l'écrivait au P. de Ponlevoy : ce II ne dépend pas uniquement de moi de faire aux Congrégations la faculté de créer de nouveaux établissements. La mesure restrictive qui les concerne a été prise en conseil du gouvernement ; elle ne pourrait être révoquée qu'en conseil, et je voterai pour le maintien de la restriction, attendu que nos établissements universitaires sont très-supérieurs, sous tous les rapports, aux établissements congréganistes. Permettre à ceux-ci de se multiplier, empêcherait l'Université de faire tomber les préventions qu'elle inspire à tort, à un certain nombre de familles. »

Le P. de Ponlevoy adressa cette triste nouvelle à l'évêque du Mans. M. Duruy décidant que les établissements universitaires étaient très-supérieurs sous tous les rapports, même religieux et moraux, aux maisons congréganistes, Monseigneur Fillion ne devait plus compter sur le ministre. Mais il s'appuyait sur Dieu et ne craignait rien. « Je vais faire redoubler les prières, écrivait-il le i janvier 1869, et plutôt que de mé

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