‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 199 sur 252 · CHAPITRE III. LES FONDATIONS · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. LES FONDATIONS

faire échouer, Notre-Seigneur supprimerait le conseil privé et son arrêt illégal. »

Cependant, il ne négligeait aucun des moyens humains. 11 fit exprès un voyage et séjourna à Paris pour y multiplier ses démarches. Il visita les députés, les ministres et l'empereur.

a II ne sera pas sans intérêt, écrivait-il au P. de Ponlevoy, de connaître la fin de mes démarches auprès de M, Baroche. Elles ont continué pendant tout le carême, sans succès, ainsi que vous le verrez parla copie d'uae lettre que j'ai reçue le Samedi-Saint (i).

a Comme les gouvernements passent, et que la Compagnie de Jésus demeure, j'espère que vos prières ne seront pas perdues, et qu'en des temps meilleurs la ville du Mans aura le bonheur de posséder un collège dirigé par elle. »

I. Voir aux pièces justificatives l'Appendice E. — On y verra que, d'après M. Baroche, « les tendances des esprits étaient peu favorables aux congrégations non reconnues; que les créations nouvelles ne manqueraient pas de susciter des réclamations, etc. — » Mgr Fillion répondait ^^?vec une sage fermeté que l'opinion publique suivait un ofîuble courant. « Il y a, disait-il, l'opinion des libres-penseurs de la Presse. D'un autre côté, il y a l'opinion des catholiques, des conservateurs qui veulent une éducation basée sur la religion. De ces derniers, le gouvernement n'a rien à redouter. Ce n'est pas parmi eux que se rencontrent ceux qui brisent les trônes et renversent les dynasties. Je k crois assez fort pour n'avoir rien à craindre non plus des premiers, etc.

Mais la Compagnie elle-même avait secondé les vœux de M. Baroche et de ses collègues qui, en agissant comme elle, ne croyaient guère la servir. Le P. Général n'avait rien accepté. En vain Mgr Fillion avait-il sollicité de nouveau. — Sa demande, accueillie avec le respect et la vénération dus à son caractère et à sa personne, rencontrait partout des obstacles qui paraissaient insurmontables. Il lui vint alors à l'esprit de s'adresser au premier supérieur de la Compagnie de Jésus, au Souverain Pontife. Il lui écrivit une lettre admirable que nous ne possédons pas, mais qui arracha des larmes à tous ceux qui la lurent. Le Pape, ému lui-même, fit une prière au Père Général. Dans sa bouche, une prière est un ordre, LeT.-R. Père obéit, et la fondation du collège fut résolue, à la double condition que le P. de Ponlevoy fit connaître à Mgr Fillion le 4 septembre : ce Si le veto du gouvernement est levé, la maison achetée, nous demanderons votre bénédiction et nous entrerons. »

L'acquisition de Sainte-Croix demandait une bonne volonté et une générosité exceptionnelles. Monseigneur se tourna de tous les côtés. Après bien des démarches restées infructueuses, au moment où tout semblait perdu, un noble acquéreur se présenta le •! octobre.

Monsieur le marquis de Nicolaï en faisant l'avance immédiate de la somme nécessaire -satis-

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