CHAPITRE III. LES FONDATIONS
ût à ]a fois le vœu du pieux Évêque, de la Congrégation de Notre-Dame de Sainte-Croix et de la Compagnie de Jésus.
Restait cependant une difficulté bien grave : il fallait détruire l'opposition systématique d'un gouvernement ombrageux. Dieu la résolut, comme il'fait souvent, par un coup imprévu. Le ministre mourut, le ministère tomba. Le cabinet qui lui succéda ne fit que passer, et le ministère nouveau ne s'opposa point à l'entrée des Jésuites.
Les plans d'un collège, le personnel qui doit le composer doivent être préparés longtemps et sérieusement à l'avance. Mgr Fillion pressait le P. Provincial de prendre au plus tôt les dernières dispositions.
Après quelques résistances, celui-ci céda enfin. Plus tard, il racontait comment, en venant prendre un soir possession de Sainte-Croix, et n'y trouvant littéralement que les murs, il prit par terre, avec les témoins de cette petite scène, à la lueur d'une bougie placée sur une bûche, le modeste repas que la charité des carmélites lui envoyait désormais chaque jour.
Enfin, le 6 octobre 1870, Mgr l'Évêque ouvrit lui-même, par la messe du Saint-Esprit, les exercices scolaires, en présence d'une quarantaine d'enfants de quatrième, cincjuième, sixième et septième.
Le collège du Mans était fondé.
/j38 LIVRE III. — LE GOUVERNEMENT RELIGIEUX.
Autant le P. de Ponlevoy avait dû opposer de résistance à la création de ce collège, autant il montra de zèle pour l'accroissement progressif de cet établissement.
Le système adopté pour le faire grandir avec sécurité était le meilleur. On n'ouvrait pas toutes les classes; on ne recevait pas dans les cours les plus élevés des élèves formés à différentes écoles, imbus de préjugés divers et apportant aux nouveaux maîtres un esprit de méfiance ou des habitudes irrégulières.
On formait un petit no3^au d'enfants choisis qui grandissaient sous l'œil de Dieu et de leurs parents, et se façonnaient peu à peu à l'esprit de la maison, puis l'imposaient aux nouveaux venus c{ui l'acceptaient sans comparaison odieuse et sans arrière-pensée.
Tel sera le sj^stème appliqué plus tard à d'autres fondations. Nous les indiquons par avance, à cause du lien étroit qui les rattache à la fondation du Mans.
En 1871, un essor généreux porta la France vers la religion. Les malheurs de la guerre et les scandales d'un régime oppressif sous le nom de liberté tournèrent un peu les esprits du côté de? seules idées qui peuvent assurer à notre pays le repos et la gloire.
On commença à comprendre alors que l'éduca tion chrétienne avait le privilège exclusif de nous