CHAPITRE III. — LES FONDATIONS
régénérer. De là, des pétitions nombreuses adressées à la Compagnie, signées par de notables habitants de Cherbourg, Fontainebleau, Evreux, Nevers, Versailles, Rouen, Tours, Brest.
Pour les motifs allégués plus haut, le Provincial de France ne put accepter de fonder de nouveaux collèges, que dans ces deux dernières villes, et après avoir résisté le plus longtemps possible.
Mgr Fruchaud, archevêque de Tours, allégua les mêmes raisons que Mgr Fillion. Le chef-lieu de son diocèse était une ville centrale. Le bien à faire était considérable.
Le premier local offert se trouvant insuffisant, une société civile composée d'amis généreux, se chargeait de trouver et d'exploiter un local plus spacieux au centre même de la ville. Les Pères ne seraient que les locataires de cette maison. On ne demandait qu'un externat, ce qui exige un personnel moins nombreux. Ce personnel serait encore réduit, si l'on ne commençait que par les petites classes. A ces conditions seulement, et après de longs débats, le P. Général et le P. de Ponlevoy acceptèrent cette fondation. Monseigneur Farchevêque vint bénir la petite chapelle provisoire, le 3i juillet, fête de saint Ignace, dans l'hôtel de la Ferté, en attendant la translation du collège dans la rue de la Scellerie.
Deux mois après, la même cérémonie avait lieu
/^/jo LIVRE III. — LE GOUVERNEMENT RELIGIEUX.
a Brest, sous la présidence de Mgr de Quimper. Là aussi un externat nouveau était établi; et à côté, une école préparatoire de la marine. Autrefois placée à l'école Sainte-Geneviève, elle allait grandir sous les yeux de Notre-Dame de Recouvrance, en vue du Borda, et en face de l'Océan.
Avant de mourir, le P. de Ponlevoy, déjà déchargé de son Provincialat, devait voir avec bonheur une autre fondation également appelée depuis longtemps par les vœux du P. Olivaint, celle d'un externat dans Paris, sur la rive droite.
Le fondateur, était l'ami par excellence du religieux dont nous écrivons l'histoire et fut le dernier admis auprès de son lit de mort. Il lui avait souvent fait la confidence de ses projets qui devaient se réaliser en octobre 1874.
Le dévouement de ces généreux fondateurs et de ceux qui les ont secondés fut encouragé à la fin de sa vie, par le P. de Ponlevoy. 11 voulut se traîner jusqu'à l'Externat, et saluer de ses derniers regards une maison où le zèle allait continuer ce qu'avait commencé le sacrifice.
La charité des bienfaiteurs qui aidait et poussait quelquefois, malgré lui, le P. Provincial à créer des œuvres] nouvelles, l'aidait aussi à recueillir les débris des naufrages. La charité fut la vertu caractéristique de son Provincialat.