CHAP. V. — LE MODÈLE DES NOVICES
donc? reprit Je P. de Ponlevoy. — De vous avoir parlé hier trop vivement. Le Père se récrie; puis, avec un geste net et vif, le relevant : « Mais du tout, je n'ai rien à vous pardonner. Je me trompais; vous me l'avez dit. Vous avez trèsbien fait. »
L'humilité n'est point craintive, car elle s'appuie non sur la faiblesse de l'homme, mais sur le bras de Dieu. Au besoin, le chrétien humble est très-ferme. « En prêchant dans notre église, nous raconte encore le P. socius, je commis une petite imprudence. Le P. Maître ne tarda point à me le faire remarquer, et il ne me cacha point la peine c[u'il en avait ressentie. Je fus moi-même touché de son regret, et je m'agenouillai pour lui en demander pardon. Cette fois, comme il n'était plus en cause, il me laissa faire; il insista sur les reproches qu'il m'avait adressés et m'infligea une pénitence. »
L'homme intérieur ne meurt que pour revivre. « Nous sommes ensevelis, dit le grand apôtre, par le baptême avec Jésus-Christ pour mourir, et nous ressuscitons comme lui à une vie nouvelle ^ » Cette vie, c'est la charité.
L'amour du P. de Ponlevoy pour Notre-Seigneur lui était inspiré par l'étude et l'amoar des Exercices. En contemplant le règne, la vie et la