I. Rom. VI
5ob LIVRE III. — LE GOUVERNEMENT RELIGIEUX.
mort de l'Homme-Dieu, il répétait avec une tendresse croissante le refrain d'amour de saint Ignace : Sume et suscipe^. Aussi, comme la meilleure preuve d'amour est de donner sa vie pour ceux qu'on aime, il aspirait au martyre. Il avait regretté, au temps de la Commune, de ne pouvoir partager le sort des otages. Les novices avaient' deviné son regret et son désir. Un jour qu'ils célébraient la fête de nos Saints japonais, ils organisèrent une académie spirituelle à laquelle fut invité un personnage de distinction qui passait par Angers. L'une des pièces lues en public contenait la demande formelle de la mort subie pour la foi de Jésus-Christ. L'hôte éminent félicita l'auteur, mais fit observer avec beaucoup de ménagements que, selon lui, il était plus théologique de ne pas demander positivement une telle épreuve et de s'en remettre à la volonté de Dieu. K Qu'en pensez-vous, mon Révérend Père, dit-il au P. de Ponlevoy? » Celui-ci répondit avec une modestie qui marquait finement sa pensée personnelle : oc II y a à cet égard des opinions différentes. » Tout le monde comprit.
a La perspective d'aller finir ses jours en Chine, d'une manière tragique, tout invraisemblable qu'elle fût, lui plaisait. A l'une de nos récréalions, nous écrit un de ses novices, il nous lut