‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 223 sur 252 · CHAPITRE VI. DERNIERS JOURS. S'il · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. DERNIERS JOURS. S'il

compromettait gravement sa santé en y restant longtemps. Par condescendance, il voulut biea accueillir mes observations et sortit au bout de quelques minutes. Il y serait demeuré, s'il eut été seul.

Déjà il était atteint sérieusement. Le médecin, M. Desanneau, constatait que le côté droit, attaqué jadis par une pleurésie, donnait des inquiétudes. Averti du danger, le P. Provincial enjoignit au P. de Ponlevoy de lui exposer la situation. Il obéit :

ce Quoi qu'il en soit des lettres officielles ou officieuses, j'ai assez de conscience, assez de conscience de moi-même, pour vous dire la vérité et rien que la vérité.

« Veuillez donc me croire : il n'y a pas lieu de s'inquiéter ni d'agir avant l'heure. Voici le fait : à la suite des chaleurs, des fatigues ordinaires, peut-être à l'occasion d'un rhume, il y a eu crise de santé, voix éteinte, toux continue, fièvre en permanence et dès lors débilitation générale. Le médecin m'a ausculté deux fois, a constaté de l'embarras au poumon, rien autre chose, a prescrit la quinine pour couper la fièvre, et deux mois de repos pour me refaire de cet épuisement accidentel.

ce Maintenant voici le status. La crise aiguë est passée; reste la queue; la fièvre s'en va, la toux avec, la voix revient, et l'appétit est ordinaire.

Or, depuis huit jours, j'ai quasi rompu avec les novices, bouche close et porte close... Les conditions sont donc parfaites. ,»

En vérité, le P. Provincial enlisant cette lettre, devait se dire : on exagère. Pourtant il ne se fit aucune illusion, et il donna au P. de Ponlevoy, suivant le désir de ce dernier, l'ordre de partir pour Quimper accompagné du P. Negroni.

La résidence de Quimper, tranquille solitude, entourée de silence et d'ombre, dans un climat et un pays qui lui étaient chers , semblait bien propre à remettre le malade de son extrême fatigue. Mgr Nouvel, son compatriote et son ami, qu'il alla visiter le soir même de son arrivée, fut frappé, ainsi que le P. supérieur, de l'altération de ses traits. Mais au bout de trois ou quatre jours, une amélioration sensible se faisait déjà remarquer. Tout portait à espérer que Ja santé lui serait rendue, s'il consentait à en prendre soin.

Mais là était la difficulté ! Sans doute les supérieurs étaient vigilants et le malade obéissait. Il faisait, d'après leurs prescriptions, deux heures de promenade chaque soir, en compagnie du P. Negroni. Il ne rendait aucune visite à ses amis de Quimper. Il n'en fallait pas moins user de violence pour lui donner quoi que ce soit qui fût une exception au régime commun. On avait recours à d'innocentes supercheries pour lui

Page 1