‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 232 sur 252 · CHAPITRE VI. DERNIERS JOURS · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. DERNIERS JOURS

lui apportait la sainte Communion à minuit.

« Je suis peiné, me dit-il un jour, raconte le P. Pitot, de causer tout ce dérangement et d'être ainsi un fardeau à tout le monde. » — a Mon Père, si fardeau il y a, il n'y paraît guère, car on s'inscrit pour le porter avec un très-grand empressement. Ma liste est faite pour huit jours d'avance. — Je suis peiné quand même. Mais, puisque le médecin le veut, il faut se résigner. Je suis d'ailleurs bien touché de la charité de mes frères, et bien édifié; dites-le leur bien. »

Il était content de tout, et comme le demande la règle, il édifiait autant dans sa maladie que lorsqu'il jouissait d'une bonne santé. « Comment trouvez- vous celte boisson? — Excellente, c'est bien volontiers que je la prends. — Avez-vous du dégoût pour l'autre? — Pas le moins du monde. » — Il paraissait enchanté des breuvages les plus amers, et les appelait de saintes potions, auxquelles il trouvait un goût exquis.

Cependant, la fluxion de poitrine était guérie et le malade ne reprenait pas de forces. On avait -déjà fait trois neuvaines. On en couimença une quatrième aux saints Martj^rs versle i o novembre. Le P. de Ponlevoy était peu porté à prier pour sa guérison. Il s'unissait aux prièresplutôtpar obéissance que par attrait. « Mon Père, lui disait-on •un jour, nous continuons notre neuvaine pour

votre guérison, nous prions bien pour vous e1 avec vous. — Pour moi, bien; je vous remercie, reprit-il; avec moi, non. »

Le R. P. Provincial insista à plusieurs reprises pour l'engager à demander de vivre encore. Il lui en énumérait les raisons. « De toutes ces raisons, répondit en souriant le malade, il y en a beaucoup qui ne valent pas grand'chose, il y en a qui valent un peu mieux. Les plus solides sont les raisons de Dieu. »

La meilleure, il en convint, était son travail commencé et non achevé sur les Exercices. « Vos notes sur les Exercices sont tout pour vous, rédigées, complétées, mises en ordre, elles pourraientêtre utiles. Il est donc de la plus grande gloire de Dieu de demander à vivre quelque temps encore. » Il ne répondit rien, et sembla un peu convaincu. Plus tard, il revint sur cette idée. Il trouvait mieux de tout abandonner sans préférence personnelle, à la volonté divine.

ce Tout est entre ses mains, cela suffit. »

Le principe de cette résignation complète était son amour de Dieu. On peut dire qu'il était occupé principalement de Lui. La communion qu'il devail faire était, comme elle le fut toujours, le centra de, sa vie.

Dans ses derniers jours, après une nuit mauvaise, ses forces s'en allaient visiblement, a Tenez, mon Père, disait-il au P. Pitot qui lui demandail

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