CHAPITRE PREMIER. — PREMIERES ETUDES
était fait de moi! J'ai toujours couru à ma perte, tant ma volonté était perverse, et Dieu a été pour moi contre moi, et m'a sauvé malgré moi. Ainsi j'errais à l'aventure comme une brebis perdue; mais le bon Pasteur me cherchait quand je le fuyais, me ramenait, malgré mes résistances, par des chemins et dans un bercail où je ne voulais pas me rendre.
ce Mon père, si sage dans ses conseils et si ferme dans ses résolutions, s'opposa à ma demande et à mes raisons spécieuses. D'une part, redoutant les troubles et les révolutions, il ne consentait pas à m'envoyer faire mon droit à Rennes. De l'autre, craignant que je ne perdisse mon temps, il ne voulait pas me garder chez lui. Il prit donc un moyen»terme, et, dans l'attente d'un avenir meilleur, il m'envoya au séminaire avec mon frère, pour y étudier la théologie, étude à coup sûr fort utile, quelle que tût ma vocation. »
Ce^te observation est très-juste. La science théologique, nécessaire aux élèves du sanctuaire, est utile même aux hommes du monde. Elle mûrit l'esprit, éclaire les autres connaissances, et trempe les armes des vaillants soldats de la bonne cause.
Ainsi pensait-on au xvii® siècle ; et nous ne voyons pas que cette étude ait nui au génie des Corneille ou des Condé. M. de Ponlevoy
était de leur école ; il savait qu'en appliquant Armand à la théologie, il.donnerait plus de solidité à sa vertu et de vraie grandeur à son talent. Un jour, peut-être, lorsque cette reine des sciences aura repris, au sein de nos universités catholiques, la place qui lui appartient, il se trouvera des pères de famille, qui voudront couronner, par un enseignement théologique, les études littéraires et philosophiques de leurs enfants.