VOCATION
Quand Armand retourna au séminaire, il ne se sentait aucune vocation, ni ecclésiastique, ni religieuse.
« Je revins avec peine, dit-il, là où Dieu m'attendait. Deux événements furent pour moi deux coups de grâce, et deux occasions de salut et de vocation.
(( Le premier fut l'arrivée de l'excellent et vénérable P. Gloriot, que la révolution obligea de se réfugier au séminaire et de demeurer deux ans auprès de nous ^ Je le pris pour mon confesseur, et sous sa direction ma conduite devint
(f)Cf. Notices historiques sim quelques membres de la société des Pères du Sacré-Cœur et de la Compagnie de Jésus, par le P, A. Guidée.
2/j LIVRE PREMIER. — FORMATION.
plus régulière et mon cœur se tourna doucement vers la piété.
a Le second fut la mort de mon excellente mère.
ce Au commencement de janvier i83i, la nouvelle de sa maladie me rappela à Vitré. Quelques jours après, elle passa saintement à une meilleure vie, le 20 janvier. Avec quelle douce majesté elle nous fit ses adieux et nous donna sa dernière bénédiction! Je ne l'oublierai jamais! Oh! que la religion me parut belle dans la personne de cette mère mourante et de ce père qui lui survivait ! C'est par cette blessure que le Seigneur guérissait mon cœur, et par ces souffrances qu'il me tournait de plus en plus vers lui. »
L'histoire de cet événement si grave doit être reprise de plus haut. D'ailleurs, nous aurons, pour nous guider, une petite relation écrite par Armand en i83i et qu'il composa, dit-il, « afin de renouveler, en les lisant, les sentiments que cette mort lui avait inspirés. »
Madame de Ponlevoy, douée d'une nature exquise et délicate, aimait ses enfants avec une véritable tendresse. Aussi la payaient-ils de retour, Armand autant et plus que les autres. L'ennui qu'il avait éprouvé au grand séminaire venait en partie du chagrin que lui causait l'éloignement de sa famille.
Celte extrême sensibilité pquvait être un dan^