‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 246 sur 252 · LETTRE DE M. BAROCHE · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. BAROCHE

GARDE DES SCEAUX, MINISTRE DE LA JUSTICE A MONSEIGNEUR FILLION, ÉVEQUE DU MANS.

Paris, 26 mars 1869.

Monseigneur,

J'ai reçu la lettre que vous avez bien voulu m'adresser, relativement au projet de fondation par les Jésuites d'un établissement d'instruction secondaire au Mans. Après avoir de nouveau examiné cette affaire, j'ai le regret, Monseigneur, malgré mon vif désir de m'associer à vos intentions, de ne pouvoir revenir sur la détermination qui vous a été notifiée par M. le préfet de la Sarthe au mois de janvier dernier. Votre Grandeur» connaît trop bien les graves considérations qui ont motivé la décision générale de iSSg, pour qu'il soit nécessaire de les reproduire ici.

Mais vous me permettrez de vous le dire. Monseigneur, l'application de cette mesure me paraît en ce ' moment même plus opportune que jamais, et plus utile aux établissements existants. On ne saurait se dissimuler en effet que les tendances des esprits sont peu favorables aux congrégations non reconnues. Les rapports qui parviennent au gouvernement, les pétitions adressées au Sé^ nat ne sauraient me laisser de doute à cet égard. Les créations nouvelles ne manqueraient pas de susciter des réclamations et de provoquer des attaques contre la tolérance dont jouissent les sociétés religieuses non reconnues par la loi.

En vous engageant, Monseigneur, à abandonner votre projet, j'obéis tout à la fois à une règle générale que j'ai la mission de faire exécuter et à une conviction que je

crois sage et prudente. Votre Grandeur, j'en ai la certitude, accueillera sans amertume ma communication. Elle comprendra combien il m'est pénible d'opposer un refus au digne prélat dont j'apprécie à un si haut degré le zèle pastoral et le dévouement.

Agréez, etc.

Baroche.

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