‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 30 sur 252 · CHAPITRE II. VOCATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. VOCATION

moi-même ces paroles prononcées par une bouche si chère : « Soyez vertueux et vous serez heureux. » Pauvre mère! elle va nous aider de ses prières plus efficaces que les nôtres. »

Est-ce aux prières de ses parents et du Père Gloriot, ou à sa propre demande, que le Seigneur accorda la grâce unique que nous allons rapporter? Dieu seul le sait. Quoi qu'il en soit, nous n'avons qu'à traduire, et à citer le Mémorial, en adorant l'infinie miséricorde de Dieu sur son serviteur. Cette grâce fut la pi as grande de sa vie.

ce Je n'avais encore éprouvé aucun désir d'être prêtre dans le monde. Quant à la vie religieuse, je n'en avais jamais conçu la plus légère idée, l'ombre d'une pensée, le sentiment d'un goût quelconque.

a Cependant je m'étais abandonné si pleinement à la direction de ce saint Père Gloriot que je résolus de me laisser faire et de suivre partout sa conduite. Mais cet homme si sage et si complètement surnaturel ne me parla jamais de l'état religieux, encore moins de la Compagnie de Jésus. Autrement, il m'aurait plutôt inspiré de la défiance que de l'attrait. »

Le P. de Ponlevoy a souvent insisté sur cette parfaite réserve du P. Gloriot. Du reste, le récit qu'on va lire prouve à quel point Dieu seul a tout fait par lui-même : « C'est dans ces circonstances, que l'esprit de Dieu, qui souffle où

il veut, fit naître en m -i tout à coup je ne sais quelle curiosité vague, le désir de connaître I e petit livre de notre saint Père, dont j'avais beaucoup entendu parler. Ce désir était bon en soi, mais, dans l'état où je me trouvais, c'était un pur caprice d'enfant. Je demandai donc au bon Père qu'il voulût bien me prêter son petit livre. C'était le jour même où j'avais reçu la tonsure, le samedi 17 décembre. »

Le lecteur croira peut-être qu'Armand tomba, comme saint Augustin au moment de sa conversion, sur quelque texte de saint Ignace, parfaitement approprié à la situation, et que ce mot décida tout. Non : le raj^on d'en haut fut plus éclatant peut-être, parce qu'il fut plus imprévu.

oc En parcourant ces pages, dit le Père de Ponlevoy, plutôt qu'en les lisant, je ne trouvai pas ce que j'espérais, axiais je rencontrai ce que je ne cherchais pas. Je n'en comprenais pas une ligne. Mais voici que tout d'un coup une lumière me vint du Ciel; oui, du Ciel : car elle était trop subite, trop claire, trop durable, et trop au-dessus de ma faible intelligence, pour que je pusse lui attribuer une autre origine.

ce Tandis que je parcourais à Tavcxiture les feuilles de ce livre mille fois béni. Dieu toucha fortement et suavement mon cœur, et m'inspira l'amour de la Compagnie de Jésus et le désir d'y entrer. Jamais ce sentiment, une fois conçu, ne*^

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