‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 32 sur 252 · CHAPITRE 11. VOCATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE 11. VOCATION

Ici, rien de semblable : la lumière brille, comme sur le chemin de Damas ; et le livre des Exercices a conquis une âme qui ne le lisait pas. Le religieux appelé de la sorte devait être un vase d'élection.

Par un sentiment d'humilité, l'abbé de Ponlevoy ne révéla son secret à personne pendant le cours de cette année. Les lettres qu'il adressait alors à sa famille ne portent aucune trace de •vocation à la vie religieuse, mais sont écrites avec le sérieux d'un homme qui va prendre une détermination importante. A la fin de décembre, il disait à sa sœur Joséphine : « Nous voici donc au terme d'une année et au commencement d'une nouvelle. Certes i83i doit être à jamais mémorable pour moi. La perte dont nous célébrerons bientôt l'anniversaire et mon entrée dans l'état ecclésiastique, voilà des événements que non-seulement je n'oublierai jamais, mais qui de plus feront époque dans ma vie. »

Ces réflexions paraissaient bien graves aux petites sœurs de l'ancien collégien de Vitré. Il répondait ainsi à leurs reproches. « Ne faut-il point parler de ce que l'on aime? et s'il ne fallait pas dire un mot du bon Dieu parce qu'on est imparfait, il ne faudrait donc point parler italien ■ quand on n'est pas Italien? Honni soit qui mal y pense ! » — « Je me contente, disait-il quelques jours plus tard, de te dire de bien aimer la sainte

Vierge. Cela n'est pas prêcher, n'est-ce pas? D'ailleurs, la sainte Vierge est ta mère et la mienne; elle a remplacé la nôtre. Eh bien! de bons enfants ne doivent-ils pas un peu louer leur bonne mère? »

Cependant ces souvenirs et ces réflexions ne l'empêchaient point de se livrer avec ardeur à l'étude. Ses anciens condisciples nous ont rapporté qu'il était regardé comme le plus fort de son cours. Mais, peu soucieux des applaudissements des hommes, il cherchait à se cacher à leurs yeux. Tout en soutenant son opinion avec une sage fermeté, il avait en horreur la contention et les disputes farouches, où, sous prétexte d'aller droit à la vérité, on tourne le dos à la charité.

Monseigneur de Lesquen avait voulu que les théologiens étudiassent la physicjue qu'on n'avait pas enseignée jusqu'alors au séminaire. Son futur successeur, M. l'abbé Brossais Saint-Marc, avait été chargé de faire ce cours. Cette étude faisait l'objet de toutes les conversations; on ne s'entretenait plus que de calorique et d'électricité. Armand se livra avec goût à ces travaux, et, dans ses lettres, parlait avec enthousiasme de M. Saint-Marc.

A ces occupations diverses, se joignaient les catéchismes qu'il faisait à l'Église Saint-Germain sans négliger sa théologie. On voit dans sa

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