CHAPITRE II. — VOCATION. 3g
correspondance qu'il était chargé de composer des dialogues et d'exercer les enfants qui devaient les débiter. Il donna en une occasion plus solennelle jusqu'à deux dialogues par semaine.
ce Demain, ma chère Sidonie, nous avons une fête charmante, à notre catéchisme. Pauline, qui ne manquera pas de s y trouver, pourra t'en donner des détails. Trois petites filles doivent donner une conférence ; montées sur de grands tabourets, elles remplaceront les prédicateurs; puis, après cela, on distribuera des récompenses. Tu grilles d'envie, je parie, d'être dans un petit coin pour voir notre cérémonie. Je t'avoue que j'aurais aussi bonne envie de t'y voir. »
Mais, au milieu de ses succès, le jeune catéchiste se montrait toujours modeste et maître de lui. Les enfants qui ne connaissaient pas son nom lui en donnaient deux qui le peignaient au vif. Elles l'appelaient : « l'abbé qui a la figure d'un ange; » nom -délicieux sans doute, mais moins extraordinaire que le second.
C'est à S. E. le cardinal aTchevêque de Rennes que nous devons ce souvenir. Un jour, Mgr Saint-Marc entendit deux enfants du catéchisme s'entretenir d'une instruction faite par Armand. L'une d'elles disait à sa compagne : « Oui, c'est ainsi que la Vierge nous a parlé au dernier catéchisme. » Pouvait-on mieux exprimer l'admiration qu'inspirait sa pureté céleste?
4o LIVRE PREMIER. — FORMATION.
Cette vertu lui méritait au grand séminaire un nom semblable : les confrères d'Armand l'appelaient Louis de Gonzague.
L'histoire de sa vocation allait lui donner plus d'un trait de ressemblance avec ce jeune saint. Les projets religieux d'Armand mûrissaient en silence. « Je gardai au fond de mon cœur, écrit-il dans son Mémorial, le secret de l'appel de Dieu. Je n'osais me découvrir à personne. Ce ne fut que vers la fin de l'année scolaire, au moment où le P. Gloriot nous quitta pour ne plus revenir, que je lui fis connaître, non sans crainte, quelque chose de mes projets. Il me répondit à son tour deux ou trois mots, comme en passant. La chose en serait restée là, si Notre-Seigneur n'avait aidé son action intérieure par une providence extérieure, et s'il ne m'avait mené comme par la main, dans la voie droite, au but de ma vocation. »
Le P. Gloriot n'avait jamais suggéré au P. de Ponlevoy d'embrasser la voie des conseils. Il s'en défend énergiquement dans une lettre du 28 novembre i833. « Je vous dois une expression plus intime de mon affection en raison de l'ouverture que vous m'avez faite presque le dernier jour. Vous pourrez attester à qui il faudra, que je ne vous avais donné aucune insinuation à ce sujet. Je respecte trop les droits de Dieu. »
Mais une fois que le P. Gloriot eut connu po-