CHAPITRE II. VOCATION
Un peu de courage... Il faudra le consentement de Monseigneur et celui de vos parents. Vous insisterez auprès d'eux pour leur faire sentir que je ne vous ai donné aucune impulsion, tjue vous m'en avez parlé les premiers, et comment, depuis un an, je vous ai recommandé de ne rien précipiter. »
Il ajoutait à la fin de sa lettre : « En vo3^ant arriver votre admission en même temps que j'apprenais la perte que nous faisions du P. de Maccarthy et du P. Coince, j'ai cru que la divine Providence vous envoyait pour nous dédommager ^ ..
Ces quelques lignes prouvent l'estime que le R. P. Gloriot avait conçue pour les jeunes séminaristes. Elles montrent aussi quelle est la réserve de la Compagnie de Jésus dans ces questions si délicates. Les réflexions prolongées, la prière, des avis motivés, une retraite, sont les
I. Le P. Nicolas de Maccarthy, né à Dublin en 1709 d'une illustre famille irlandaise, avait été ordonné prêtre en 1814. Il entra dans la Compagnie en 1818, après avoir refusé l'évêché de Montauban, et mourut à Annecy en i835, laissant la réputation d'un des plus grands prédicateurs de son temps.
Le P. Coince, né à Metz le 11 septembre 1775, fut promu au sacerdoce pendant la Révolution. Obligé de s'expatrier, il se rendit, après quatre ans de séjour à Munster, dans la ville de Dunabourg en Russie, où il prononça ses premiers vœux. Dans notre maison de Riga, dont il fut nommé supérieur en i8i3, il fit un bien im-
précautions qu'elle conseille, avant même que les novices futurs sollicitent le consentement de leurs parents. Nous avons une preuve nouvelle de cette sagesse dans la lettre que le P. Renault adressa aux deux amis :
a J'ai lu attentivement tout ce que vous aviez écrit au P. Gloriot, et tout en me tenant dans les termes de la sainte indifférence, que demande la nature d'un appel qui doit venir d'en haut, et que je ne dois que seconder, je n'ai pu m'empêcher d'y reconnaître les marcjues d'une vocation divine. Ainsi donc vous serez admis au noviciat dès que vous pourrez vous présenter.
ce Je n'écrirai point à Monseigneur, quoique j'aie l'honneur de le connaître beaucoup. Il me semble que vous ferez mieux de traiter cette affaire directement avec lui, aidés cependant des conseils des personnes sages qui vous ont déjà conduits. »
Cette démarche était un hommage respectueux
mense par ses prédications, ses fondations et surtout par l'exemple d'une vie sainte et mortifiée. Il quitta la Russie en 1820 et résida à Laval, jusqu'à sa mort arrivée en i833. Ses frères en religion, les sœurs du Bon Pasteur de Laval et les Bénédictines de Craon ont conservé pour sa mémoire une vénération profonde. — On peut consulter sur la vie du P. Coince la Vie et Souvenirs de madame de Cossê-Brissac, par le R. P. dom Louis Paquelin, bénédictin de Solesme. (Paris, Palmé, 1876); et la Vie de Marc Folloppe, par le P. Gagarin, de la Compagnie de Jésus. Pion, 1877).