‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 46 sur 252 · CHAPITRE III. — NOVICIAT · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — NOVICIAT

Chantai à Annecy furent visités avec une grande piété par nos jeunes novices... « Nous eûmes le bonheur, dit le F. de Ponlevoy, d'entendre la messe devant les précieuses reliques, et, comme le nom que nous portons ne fait point peur aux Visitandines, on nous découvrit la châsse où sont renfermés ces trésors. »

D'Annecy, nospèlerins se dirigèrent vers Lyon. Là ils vénérèrent les tombeaux de tous les martyrs de cette ville célèbre. Au sanctuaire de Fourvière, leF. de Ponlevoy éprouva un vif sentiment de reconnaissance pour les bontés de Marie, a Bonne Mère, dif-il, comme je l'ai remerciée vivement de tout ce qu'elle a fait pour moi ! Car je suis bien aise que vous le sachiez, écrivit-il à son père, et je ne cesserai de le dire à sa louange, je lui dois tout, tout absolument. »

Arrivés à Avignon, nos jeunes Bretons allèrent frapper à l'hôtel Calvière. C'est là qu'était le noviciat. Ils y trouvèrent leur nouveau Père maître, le P. Solente. Sa gravité douce, son aimable accueil et jusqu'à la sage lenteur qui présidait à ses démarches, comme à ses paroles, leur inspirèrent un tendre respect '.

I. Le Père Éloi Solente était ni le 5 octobre 1796, et entra dans la Compagnie le 16 septembre 1820. Après avoir exercé les fonctions de Maître des novices, de Recteur et de Père spiritael, ce bon vieillard mourut à Strasbourg le 18 mars 18G8.

Mais en changeant de lieu, le F. de Ponlevoy ne changea pas d'épreuves, a Pendant tout le temps démon noviciat, dit-il, je n'ai jamais eu un jour de tranquillité, de paix et de liberté. Combien j'ai souffert! justement, nécessairement, si je me considère; miséricordieusement, si je regarde le Seigneur. Tout était pour moi sujet d'ennui et de dégoût. Je me croyais à charge à mes supérieurs et à mes frères. Je me sentais impropre à tout et absolument incapable. Toutes les fois que le P. Solente me faisait venir chez lui, quand arrivait le R. P. provincial et cjueje leur rendais mon compte de 'conscience, j'étais persuadé que j'allais être renvoyé de la Compagnie.

ce Dans cet embarras extrême, je ne pouvais m'explicjuer. Il en résultait que mes supérieurs ne pouvaient pas me comprendre. Me voyant dans cette pénible situation, le P. Renault et le P. Solente pensèrent que j'étais dégoûté de ma vocation, et me déclarèrent que j'étais libre de me retirer. Hélas! c'était justement le malheur que je redoutais. Mais Dieu, dans sa bonté, conserva intacte dans mon cœur la détermination inébranlable de vivre et de mourir dans la Compagnie de Jésus, et je redisais alors mon refrain habituel : k Plutôt être broyé que de sortir de la Compagnie, Potius conteri quam egredi. »

a Cependant tous ces maux se changèrent en

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