‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 47 sur 252 · CHAPITRE III. NOVICIAT · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. NOVICIAT

biens, ma volonté n'en fut que plus raffermie, la plupart de ces illusions se dissipèrent, et, si mon amour-propre ne fut pas corrigé, du moins il me fut découvert. »

Après cette étonnante révélation, ne peut- on pas s'écrier: «Voilà donc comment Dieu éprouve ceux qu'il aime ! voilà comment il forme ses élu s ! Il les purifie comme l'or dans la fournaise, et alors seulement il les trouve dignes de lui. 53 Ainsi le jeune François de Sales croyait être réprouvé; ainsi saint Vincent de Paul, pendant quatre ans, craignait d'avoir perdu la foi; ainsi la séraphique Thérèse pensait avoir perdu l'amour dans ce purgatoire de l'âme dont elle nous peint si vivement l'horreur. Mais toutes ces épreuves ne doivent point abattre notre constance, et il faut redire alors avec Job (xiii, i5J : « Quand il me donnerait la mort, j'espérerais en lui ! »

Par bonheur, toutes ces peines échappèrent aux regards vigilants des novices. Cçux qui l'ont connu alors ne parlent que de sa piété douce et ferme, de la sérénité de son visage, de son extérieur un peu austère de loin, mais fort aimable dès qu'on l'approchait, de son zèle ardent pour faire le catéchisme, de sa piété vive, de ses saillies fines et enjouées. Il se livrait à tous les exercices du noviciat avec une active obéissance. j

ce Le temps est ici bien coupé et bien employé, 42crivait-il à son père. On nous fait apprendre

beaucoup de choses que nous savions déjà, pour nous en montrer une seule à laquelle tout le reste doit se rapporter, et dont je n'avais guère l'idée. » Excellent résumé de's petites épreuves du noviciat ! D'ordinaire, les gens pieux, mais peu initiés à la vie religieuse, se figurent qu'une maison de probation est une école de vertus extraordinaires. C'est une erreur : la pratique du renoncement à soi-même dans les petites choses, l'obéissance libre, mais constante à de jeunes représentants de l'autorité qui se renouvellent de temps en temps ; des travaux humbles sous les formes les plus vulgaires; de timides essais de prédication; tout contribue à former l'àme à l'exercice d'une virile abnégation ^

Le Frère de Ponlevoy en fit le rapide apprentissage. Les Pères de la Compagnie cjui ont accompli leur noviciat avec lui, et que nous avons pu interroger, sont unanimes à faire l'éloge le plus complet de ses vertus. Le Révérend Père Saint-Cj^r, missionnaire au Maduré depuis quarante ans, et longtemps le supérieur de cette mission, a bien voulu nous écrire une relation du temps qu'ils passèrent ensemble au noviciat. Nous

I. Constatons à ce propos que l'écriture de notre Frère s'améliora notablement pendant son noviciat, et prit ce caractère de ferme netteté qu elle conserva pendant plus de vingt ans.

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