‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 53 sur 252 · CHAPITRE III. NOVICIAT · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. NOVICIAT

un résultat fort heureux. Rappelé soudain dans sa nouvelle province, il dut faire d'Avignon à Saint- Acheul un voyage de douze jours, qui l'arracha à ses pénibles pensées et lui fit retrouver en route sa bonne Mère de Fourvières.

ce Le vendredi 5 août, dit-il, nous nous sommes embarqués dans une diligence au nombre de trois. Nous avons passé deux jours à Lyon. Je vous laisse à penser si Notre-Dame de Fourvières a été la dernière à recevoir notre visite. Nous avons été deux fois pour lui faire la cour. »

Il fut témoin de la piété des Lyonnais montant en procession au pieux sanctuaire. Il revit la colonne de sainte Blandine, « le réduit affreux et vénérable 5> où saint Pothin mourut d'inanition. Puis il se sentit plus fort pour la lutte, traversa la France et Paris, qu'il appela cette fois « un casse-tête, y> salua en passant la tombe de saint Denys, et arriva dans la ville d'Amiens, « où il logea à l'enseigne de la Providence; c'est la meilleure, » disait-il.

tJne nouvelle consolation l'attendait à Saint- Acheul. Avec le Père Solente il revit le Père Rubillon, neveu de M. Salmon, son ancien supérieur au grand séminaire de Rennes. Le Père Rubillon venait d'être nommé maître des novices. Le Frère de Ponlevoy demanda et obtint de refaire, sous la direction de ce guide éclairé, la grande retraite de trente jours.

8o LIVRE PREMIER. FORMATION.

Il y avait bien là quelque courage. Le novice éprouvé de Mélan n'allait-il pas retrouver les mêmes peines, en parcourant la même carrière? Mais saint Ignace nous enseigne qu'il faut, pour se vaincre, revenir sur les méditations qui ont coûté plus d'efforts à l'âme. C'en était assez pour un disciple, qui devait pénétrer plus tard si avant dans la science des Exercices.

Dieu bénit cette fermeté obéissante. La lumière se fit et la paix revint. Trente ans après, le Père de Ponlevoy, provincial, se souvenait avec bonheur des grâces reçues à Saint-Acheul. Le Frère André de Montalembert, étudiant au juvénat, lui ayant demandé l'autorisation de refaire la grande retraite, le Père lui répondit : « Je vous l'accorde d'autant plus volontiers, que j'ai joui, moi aussi, de la même faveur. »

Les saints Exercices se terminèrent le 17 octobre, jour de l'octave de saint François de Borgia, où « dans la joie de mon âme, dit le Père de\ Ponlevoy, je fis mes premiers vœux. »

Aussitôt, il écrivit à sa sœur Pauline, que Notre Seigneur pressait de tout quitter pour embrasser la vie religieuse : « Ce jour est trop heureux pour que tu ne prennes pas aussi quelque part à ma joie. La position où tu te trouves maintenant t'y donne des titres tout particuliers, et mieux que personne tu sauras apprécier, si j'ai raison de regarder le 17 octobre

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