‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 64 sur 252 · CHAPITRE IV. ETUDES · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. ETUDES

pleins d'amour-propre, ils méprisent leurs professeurs. S'ils sont humbles, ils se méprisent eux-mêmes. Le Père de Ponlevoy fut de ces derniers. Il admira son maître et se regarda comme incapable. Cette année fut très-dure pour lui, et sa vertu y fut plus exercée que son talent. Dieu en avait ainsi disposé. Destinant notre saint religieux à diriger les âmes et à. gouverner la Compagnie, il voulut que l'humilité fût sa vertu de prédilection. « Plus le bâtiment doit être élevé, dit saint Augustin, plus le fondement sur lequel il repose doit être profondément enfoncé en terre. »

Cependant, même sous le rapport du succès littéraire, tout ne fut pas perdu pour lui. Il acquit à cette école vigoureuse la connaissance des chefs-d'œuvre de notre langue, l'habitude de bien écrire en latin et un style français plus correct et plus soigné. Le Père Cahour avait assez bien formé son disciple pour que celui-ci méritât, peu de temps après, de le remplacer.

Bien loin de renvoyer au Père Cahour le reproche qu'il s'adressait à lui-même, le Père de Ponlevoy avait conçu pour ce religieux et pour le Père Cambiaso, son collègue, une estime et une affection profonde. « Nous avons pour professeurs, écrivait-il à son frère, des hommes consommés dans la littérature, et si nous voulons bien faire, nous n'aurons qu'à prendre nos maîtres pour

modèles. » Il avait bien raison : et si quelque jour les travaux littéraires et les retraites du Père Cahour sont publiés, on sera charmé de voir que ce religieux était encore plus avancé dans les voies de Dieu que dans celles de la science.

C'était letémoignage que le Père Gloriot lui rendait à cette époque. Nous citerons la lettre presque tout entière, dernier vestige d'une pieuse correspondance. Le Père Gloriot a joué un rôle trop important dans la vie du Père de Ponlevoy pour que ce document ne trouve pas ici sa place.

« Avignon, 6 février 1840.

« Vous voilà donc prêtre, mon bien cher. Vous me donnerez une part spéciale à votre meiiiento . . . Ayant si mal vieilli, après quarante-sept ans de prêtrise, j'ai bien besoin d'exciter la compassion... Miseremini 7nei, saltem vos amici mei *. Pressez un peu la sainte Vierge dcamemento des vivants, en attendant le second qui ne doit pas tarder. Je vous félicite de vos deux professeurs. Ils me rappelleraient à votre souvenir, si vous en aviez besoin; mais non... Je ne peux pas oublier Rennes qui m'accueillit dans des moments mau-

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