‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 65 sur 252 · CHAPITRE IV. ENSEIGNEMENT. lOI · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. ENSEIGNEMENT. lOI

vais. La Providence m'y menait pour vous. J'en bénis Dieu, quoiqu'il ait tout fait, sans que j'aie eu à m'en mêler. Répétez-le bien; je ne voudrais pas mentir. Prions : nous sommes sur les volcans. Ils nous jetteront par leur explosion dans le ciel où pour jamais nous serons inséparables. Confiance au Dieu de l'avenir. 11 a été le Dieu de notre passé. Prions bien, j'aime à le répéter en terminant.

» Gi.oRioT, prêtre. »

Quatre ans après cette lettre humble et touchante, le vénérable athlète mourait à Avignon, âgé de soixante-seize ans, pleuré de tous ses amis et surtout du Père de Ponlevoy. Celui-ci conserva pour son ancien directeur une reconnaissance durable. Il priait souvent pour lui, et, afin cjue Marie eût comme un souvenir permanent de ce cher bienfaiteur, il détacha d'une de ses lettres la sigaature du Père, et la mit dans un cœur d'argeat offert par les élèves de Brugelette à Notre-Dame de Tongres.

Jusqu'ici l'élève du Père Cahour, l'enfant du Père Gloriot, avait péniblement amassé des trésors de science et de vertu. Il était temps pour lui de communiquer ce qu'il avait reçu et d'enseigner aux autres ce qu'il avait appris lui-même.

Il débuta aa collège de Brugelette comme professeur de quatrième, vers la fin de l'année 1840.

ce Je viens de savoir officiellement, écrit-il à la date du 11 septembre, que j'allais être employé cette année dans le collège .comme professeur de quatrième. Cette classe sera divisée en deux sections, et, par un rapprochement assez singulier, Emile (le P. Cor.) et moi, nous allons, en bons frères, nous partager le fardeau. En c|ualité de vétéran dans le métier il me donne ses instructions pour l'administration de mon petit département. Je vous assure que la charge de professeur, telle qu'on l'entend dans la Compagnie, n'est pas du tout facile à remplir. C'est une besogne qui demande l'homme tout entier, et où le maître doit sous tous les rapports apprendre, pour ainsi dire, plus que les disciples. »

Malgré ses appréhensions, la classe commença fort bien.

ce Nous voguons à pleines voiles dans la vie du collège, écrit-il au milieu de l'année, je serai bientôt fait à la manœuvre. Novice, je m'instruis par l'expérience des autres, et souvent à mes dépens. Le goût y est déjà, l'aptitude viendra, je l'espère. On dit c[ue mon gouvernement est assez modéré, mais aussi il y a rarement matière à coups d'Etat. J'aime ma petite division; en général elle n'a pas l'air de me haïr. »

Et cela était si vrai que les enfants avaient pour leur maître les délicates attentions d'un fils pour son père. Fatigué souvent par les cinq

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