‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 66 sur 252 · CHAPITRE IV. — ENSEIGNEMENT. io · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — ENSEIGNEMENT. io

heures de classe, le professeur l'avouait ingénument à ses élèves, et ceux-ci disent qu'alors ils surveillaient tellement leurs petites allures irrégulières, qu'on aurait entendu voler une mouche en classe.

A la fin de l'année, les supérieurs jugèrent que les efforts du Père de Ponievoy avaient été couronnés d'un vrai succès, mais on préféra lui confier une classe où il pût mieux développer ses talents pour la prédication. Comme on voyait en lui une dispositionparticulière à l'étude dès belleslettres, on les lui fit enseigner l'année suivante.

ce Je continue à tort et à travers mon cours de régence, dit-il en 1842; cette année j'ai un peu enjambé pour passer de la quatrième à la seconde. L'emploi de professeur dans nos collèges est effrayant pour précipiter la vie ; je ne passe pas le temps : le temps me dévore. Les jours s'enfuient comme une heure, les semaines comme un jour, et le trimestre entier ne me paraît plus qu'un rêve. Renfermez dans l'espace de dix-sept heures les devoirs d'un religieux, d'un prêtre, d'un régent, d'un directeur de congrégation, d'un confesseur, et vous trouverez en définitive qu'il reste assez peu de temps, et que si on a bien fait ce qu'on a fait, le soir on peut dire son amen de bon cœur. »

Il enseigna de la sorte, pendant deux ans, les humanités. Ce travail excessif était un peu au-

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dessus de ses forces. Le Père provincial crut devoir diminuer le grand nombre de ces occupations, tout en les rendant plus importantes. Il lui confia le soin d'enseigner la rhétorique aux jeunes Jésuites. Le nouveau professeur succédait donc dans cet emploi à celui qui, en voulant perfectionner son style, avait surtout sanctifié son âme. On conçoit que sous le rapport de l'initiative personnelle, la méthode c[u'il allait appliquer fût différente de celle qu'il avait subie.

Il conseillait aux futurs régents, avec l'obéissance à la règle, une certaine indépendance d'allure. « Mettez-vous en rapport avec le Père préfet des études, leur disait-il; suivez les conseils qu'il vous donnera, et tenez-vous indépendants des autres. Sous sa direction, sachez toujours rester vous-mêmes; conservez votre nature propre, le genre qui vous convient, et ne rampez pas d'une manière forcée sur les traces de vos confrères dont le caractère pourrait être opposé au vôtre, et dont les qualités inimitables vous rendraient inhabiles à bien conduire vos enfants. »

L'enseignement du Père de Ponlevoy était solide et apostolique. « Il vivait sans bruit, nous écrit un des juvénistes de cette époque, mais il faisait très-bien tout ce qu'il faisait. Il avait surtout le talent de présenter les choses d'une ma-

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