CHAPITRE V. — EXERCICES DE S. IGNACE. 1 2fï
réflexions, qui devraient se terminer par le Miserere, se terminent par le Te Deum. Secret apostolique et que saint Ignace nous révèle dans la méditation de l'enfer. Dieu ne frappe pas ici-bas pour punir, mais pour guérir; s'il abat le pécheur par la crainte, il le relève par la confiance et le convertit en le gagnant. »
Combien d'âmes pieuses devraient méditer de la sorte! elles seraient plus généreuses au service de Dieu, parce qu'elles seraient moins occupées d'elles-mêmes.
Après cette première semaine des Exercices qui répond à ce que la science spirituelle appelle la vie purgative, le P. de Ponlevoy entre dans la seconde semaine qui correspond à la vie illuminative. Jésus-Christ s'y montre d'abord roi des siècles et des hommes. Petit enfant, il attire à l'humilité par les abaissements de l'incarnation, à la pauvreté par les langes de sa crèche, à Tobéissance par sa soumission à Joseph et à Marie. Puis il se transforme en guerrier tenant entre ses mains un étendard, l'étendard de l'humilité. En face de cet humble chef, à la tête d'une autre armée, Lucifer élève le drapeau de l'orgueil. Il n'y a pas à hésiter; le retraitant adopte la stratégie du général doux et humble de cœur.
L'humilité la plus parfaite, voilà bien le fond des Exercices. Le P. de Ponlevoy travailla toute sa vie à l'acquérir, et comme le troisième an est
l'iG LIVRE PREMIER. — FORMATION.
îe centre delà vie religieuse, n'est-ce pas au troisième an surtout qu'il dut mieux faire cette méditation? Grâce à son Commentaire, nous pouvons en entendre les échos. '
« Le troisième degré est l'humilité la plus parfaite. Est humilitas perfectisshna. C'est donc le dernier sommet de la montagne. Qui ne voudrait y tendre? Qui pourrait se Natter de l'avoir atteint? Où saint Ignace le met-il? Dans des sentiments sublimes, dans des actes extraordinaires? Pas du tout; c'est tout simplement prendre sa croix et suivre Jésus. Supposé l'équilibre dans les choses, si l'on procure également la gloire de la souveraine majesté pour imiter Jésus- Christ, et lui ressembler. Je veux et je choisis... Volo et eligo... —
ce II ne s'agit pas d'un sentiment, d'un désir, d'un projet, mais d'une volonté positive et pratique. Il y a dans ces deux mots une dignité incomparable. L'homme fait à la fois le plus grand acte de liberté et le plus grand acte de charité ! »
a Qu'est-ce que ieveux? Qu'est ce que je choisis? La pauvreté avec Jésus- Christ pauvre, plutôt que les richesses.
ce Dans cette énumération, voici la conséquence pratique du troisième degré d'humilité; saint Ignace a eu bien soin de joindre partout les objets divers avec le motif commun.
a Ainsi la pauvreté avec Jésus-Christ pauvre,