‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 87 sur 252 · CHAPITRE V. EXERCICES DE S. IGNACE. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. EXERCICES DE S. IGNACE. l

et l'amour de ces méditations : « Les Exercices, dit-il, combien nous devons les apprécier à raison de leur passé! C'est la plus précieuse relique de notre bienheureux Père. — Si nous avions son autographe ! Mais sa pensée vaut mieux que son écriture. — Si nous avions son cœur! Mais le feu de ce cœur vaut mieux que la poussière. C'est l'histoire intime de son âme, le grand mo~ bile de sa vie, le testament de son cœur. C'est l'esprit de saint Ignace; c'est l'esprit de Jésus- Christ en saint Ignace. On dit que saint Ignace a fait les Exercices ; on dirait aussi bien que les Exercices ont fait saint Ignace. Qu'était-il avant Manrèse? Et après? C'est par eux que saint Ignace a enfanté des fils à son image et réalisé un idéal dans la Compagnie de Jésus. S'il est utile pour tous les chrétiens, il est absolument nécessaire pour un enfant de la Compagnie, car il ^st impossible de se sanctifier en dehors de l'esprit de sa vocation. Mais plus on est l'homme des Exercices, plus on a le genre et le caractère de la Compagnie, le sentiment et l'air de famille.

a Comment peut-on les posséder?

a 1° Par la prière, par Marie, à l'école de la maitresse des Exercices, docente Magistra Exercitiorum .

oc 2° Par l'étude, non littéraire et philosophique^ mais humble et pieuse. Les Exercices ressemblent à l'Évangile : il n'y a que de ]a simphcité

et sous cette apparence négligée se cachent des profondeurs pleines de mystères.

a Saint Ignace y cherche non la parole, mais les choses, quœrendo res. — Il savait fort bien qu'il n"y avait aucun art dans son livre, aucune littérature ; mais précisément il n'en voulait pas. Il savait que son livre devait être le manuel de ses fils lettrés et savants, et il voulait ce rude langage pour les initier à l'Évangile par les Exercices.

oc 3° On le possède encore par l'usage familier. Il faut nous en servir toujours nous-mêmes, pour nous-mêmes, dans nos retraites et hors de nos retraites, pour les autres dans nos ministères. Comment pourra-t-on jamais se servir des Exercices pour les autres, si on ne les possède pas soi-même? non, on ne sera pas l'homme des Exercices. Il nous est permis de posséder un crucifix et les Exercices, l'un sur le cœur, les autres à la main. Ce sont nos seules richesses. Dives sum satis. »

Mais ce trésor est inépuisable. Le P. de Ponlevoy après avoir tant travaillé sur ce fond, déclarera plus tard ne pas le connaître encore. La dernière année de sa vie, quand il allait parcourir non plus comme disciple, mais comme maître des novices, la carrière de la grande Retraite, il disait à son jeune auditoire :

a Je ne puis vous communiquer la pleine intel-

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