‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 92 sur 252 · CHAPITRE V. — EXERCICES DE S. IGNACE · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — EXERCICES DE S. IGNACE

apostolique qui se ranime, le corps glorieux de Régis qui s'élance plein de vie de ce tombeau sacré, qui prend^son essor au-dessus de ces montagnes connues, et s'élève au milieu des airs à la rencontre de Jésus roi de gloire. Quel cortège pour Régis ! Toutes ces âmes sauvées par lui pendant sa vie et après sa mort, ces millions de pèlerins, ce peuple d'élus. Ah! saint Père! donnezmoi place en ce jour dans votre cortège. Et vous^ pèlerins de la Louvesc, écoutez-le. Il vous appelle de la chaire; il vous attend au confessionnal; il est ici partout. Tout ce qu'il dit est vrai; tout ce qu'il commande est bon; tout ce qu'il promet est sûr. Defunctus adhuc loquitur. Il parle encore dans ce tombeau. »

L'église de la Louvesc et la solitude de Notre- Dame d'Ay eurent toujours pour l'âme du Père de Ponlevoy des attraits irrésistibles. Tous ceux qui l'ont connu se souviennent de la joie qu'il éprouvait quand il parlait de ces saints lieux. Il y revint plusieurs fois dans le cours de sa vie, y fit sa retraite, s'y rappela avec bonheur les émotions du troisième an, et y renouvela son vœu à Marie Immaculée.

Sept aDs après, il écrivait près du tombeau et le jour même de la fête de saint François Régis :

« Aujourd'hui la Louvesc est dans toute sa splendeur. Que c'est beau à voir! Les pompes

de Paris ne me font rien. Ici tout m'édifie et me console jusqu'aux larmes.

ce II y a quelques minutes j'étais à l'autel!... Ah! qu'il me soit donné de me convertir ici au véritable esprit de la Compagnie de Jésus, que je connais et que j'aime, et que je contredis avec une obstination désespérante!...

a Je pars demain, je pars bien à regret de ces pauvres montagnes. J'ai désiré rester ici, y revenir du moins, y vivre parmi les pauvres avec mes frères, et mourir auprès de mon saint Père. Cette grâce, hélas! je ne la mérite pas, je tremble de fatiguer à la longue la mansuétude de Notre-Seigneur qui me supporte dans ma misère et ma malice, et de démériter à la fin jusqu'à l'excès. Que saint François prie pour moi et que Notre- Seigneur me prenne en pitié! »

Tels étaient les sentiments de profonde humilité qu'éprouvait le Père de Ponlevoy au tombeau du saint apôtre! Il eût voulu mourir pauvre, oublié comme Régis.

Dieu ne lui accorda pas cette faveur. Paris fut témoin de sa vie apostolique et de sa sainte mort. Appelé dans cette ville par ses supérieurs, au mois d'ocbre 1847, il pouvait s'y rendre sans danger. Il était devenu au troisième an, sous la protection de Marie et de saint François Régis, l'homme des Exercices.

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