‹ Le Rhapsode de la DàmbovitaChapitre 13 sur 94 · LE MATIN · texte numérisé non relu

LE MATIN

Quand tu viens près de ma fenêtre Et que je l'ouvre pour laisser ton souffle entrer, Deux soleils soudain entrent dans ma chambre Et je demande au ciel : Pourquoi as-tu deux soleils?

Mais tu es celui que j'aime.

Et le ciel sait bien cela.

Quand l'autre vient le soir et que je ferme bien ma fenêtre, Soudain, il y a deux nuits dans ma chambre.

40 CJiansoiis du Cobzar

Et je demande au ciel : Pourquoi as- tu deux nuits? Mais il n'est pas celui que j'aime,

Et le ciel sait bien cela.

J "aime le cuivre de mon collier, Puisqu'il brille au soleil.

Mais celui que j'aime brille dans mon cœur

Et je le regarde briller.

Demain, quand nous serons partis, des fleurs croîtront

A l'endroit oi^i était sa tente, Et quand il chante auprès du feu mourant,

Le feu se rallume.

Et ce qu'il tue meurt du premier coup de son couteau, Et le sam{ ne noircit pas sur son couteau ; Et celui qu'il hait dépérit.

Et celle qu'il aime devient belle et chante mieux, Et c'est son collier de cuivre qui brille le mieux au soleil.

Le matin quand tu viens près de ma fenêtre Et que je l'ouvre pour laisser ton souffle entrer Deux soleils soudain entrent dans ma chambre, Et je demande au ciel : Pourquoi as-tu deux soleils? Mais tu es celui que jaime, Et le ciel sait bien cela.

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