‹ Le Rhapsode de la DàmbovitaChapitre 15 sur 94 · INCANTATION · texte numérisé non relu

INCANTATION

Petite branche du noisetier, Toi qui pousses si près du ruisseau qu'il a envie de

t'embrasser ; Toi qui ne veux jamais voir le soleil, puisque tu pousses

près du ruisseau,

Je t'ai cueillie sans que le soleil le sache, Et je t'ai portée contre mon sein, Et je t'ai prise entre mes doigts.

Chansons dit, Cobzar 45

Tombe sur la cendre et ne la remue pas, Car la cendre aime le sommeil Et cache-toi sous elle, et puis va-t'en, petite branche du

noisetier.

Et l'arbre d'où tu sors aura de beaux bourgeons en avril. Si tu vas là où je te l'ordonne, Là où se trouve mon bien-aimé, 11 dort, et tu lui demanderas s'il rêve,

Et tu lui diras de rêver à moi.

El tu deviendras le chag-rin de son cœur, Petite branche du noisetier.

Et tu lui diras que le chagrin de son cœur songe à moi

Et tu troubleras sa vie par un désir. Où est mon bien-aimé? Quand viendra-t-il? ] 'ai dit au sommeil de le quitter, Et l'eau qu'il boira aura dans chacune de ses gouttes Mon image, Et son pain aura la saveur De mon baiser Et sa couche le murmure de mes chansons. La blancheur de mon voile flottera devant lui, Le son de mes pas sera dans son oreille toujours Et je semblerai toujours marcher devant lui, Et il ne me verra jamais arriver au but. Quand la maison dira : Mens te reposer

Cliansons du Cobzar

Il répondra : Ce n'est pas en toi qu'est le repos, Et il dira à la pierre du seuil : Triste pierre! Et aux oiseaux joyeux : Comme vous êtes tristes! Et au tombeau triste : Comme tu es joyeux! Et il ne pourra goûter sans plainte la saveur de son pain, Jusqu'à ce qu'il n'ait mon baiser.

\''oilà ce que tu dois faire, Petite branche du noisetier; Toi qui pousses si près du ruisseau, Toi qui ne veux jamais voir le soleil, puisque tu pousses

si près du ruisseau.

CHANSON TZIGANE

Mon couteau danse dans ma ceinture Lorsque je danse, Mais lorsque je bois du vin, mon couteau est tout triste

car il a soif aussi Et il n'aime boi're que le sang.

Donne à boire, maître, dit il; Si je reste sans tache rouge, Le soleil aura honte de se mirer dans moi. Donne que je me grise de la chaude boisson Qui jaillit des blessures.

48 CJiansons dit Cobza)

Ton baiser sera plus doux à la jeune fille,

Quand je me serai désaltéré.

Et je danserai plus joyeusement à ta ceinture

Lorsque tu danses.

Si j'écoutais mon poignard, j'irais la nuit pour te trouver,

ma bien -aimée;

PIt je chercherais sous ta chemise l'endroit où ton cœur bat.

Et je donnerais à mon couteau

La tiédeur de ton sang-,

Puisque tu ne m'as pas donné ton baiser;

Car j'ai eu soif de ton baiser,

Comme mon couteau a soif de sang.

Et le soleil sera joyeux de voir ton sang jeune

Et le soleil le séchera

En même temps que mes larmes,

Et mes larmes se seront mêlées à ton sang,

Comme l'eau de deux rivières.

Et ton sang sera moins chaud que mes larmes,

Et il s'étonnera de leur chaleur.

Mon couteau danse à ma ceinture

Lorsque je danse

^Slais lorsque je bois du vin, mon couteau est tout triste

car il a soif aussi,

Et il n'aime boire que le sang.

CHANSON TZIGANE

Deux oiseaux ont volé vers le soleil couchant : L'un est mon amour, il aurait mieux fait D'aller dans ton cœur.

Deux jeunes filles s'en allaient vers la moisson L'une doit être mienne.

Elle aurait mieux fait de Avenir vers moi.

Deux étoiles d'or se sont souvenues :

L'une est mon chagrin.

Il aurait mieux fait

CJiansons die Cobzar

D'oublier enfin; Deux enfants sont morts dans une chaumière : L'un deux est mon cœur, il va dans la tombe. 11 aurait mieux fait De me prendre aussi. •

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