‹ Le Rhapsode de la DàmbovitaChapitre 17 sur 94 · LE SOLDAT OUI PASSE · texte numérisé non relu

LE SOLDAT OUI PASSE

Le soldat était fatigué; je lui ai dit de s'asseoir.

Il a bu dans ma cruche. Je lui ai dit : Es-tu désaltéré?

Et le soldat a regardé mes yeux.

Et j'ai regardé son sourire.

Les maïs étaient pleins de soleil, Le soleil enrichissait ma quenouille Et ma ceinture avait des perles rouges. Mais le soldat est parti

CJiansons du Cobzar 55

Après av'oir bu l'eau de ma cruche Et avoir assis sa fatigue à mon seuil. Et mon seuil me dit : C'est ici que s'est assise sa fatigue.

Et mon cœur se souvient de son sourire. Si tu passes encore par la route que voit ma maison, Ne t'arrête plus, Puisque tu devras repartir.

Va boire à la rivière et t'asseoir dans la forêt, Car mon cœur aurait deux chagrins Si tu revenais encore.

J 'aime le brave et son nom est doux à se rappeler. Comme la cloche du dimanche.

Les petits enfants le regardent passer.

Le soleil le verra mourir.

Il mourra en pleine lumière, au grand jour,

Et son âme sera joyeuse

De quitter la terre au grand jour.

J 'aime le brave.

Et il te sera doux l'amour de la jeune fille, sans que tu

le saches

Car la jeune fille est comme l'étoile

Oui brille pour tous

Et brûle pour elle seule, Et tu mourras sans savoir l'amour Quoique tu aies bu dans ma cruche

Chansons du Cobzar

Et assis ta fatii^'i-ie à mon seuil.

J'aime le brave.

Le soldat était fatigué; je lui ai dit de s'asseoir.

Il a bu dans ma cruche; je lui ai dit : Es-tu désaltéré?

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