‹ Le Rhapsode de la DàmbovitaChapitre 18 sur 94 · CHANSON DU FOIN FAUCHE · texte numérisé non relu

CHANSON DU FOIN FAUCHE

je suis les fleurs d'hier Et j'ai bu ma dernière rosée, Et les jeunes filles ont chanté à ma mort. Et la lune me voit couché dans le linceul

De ma dernière rosée.

Et les fleurs d"hier qui sont en moi Ont fait place aux fleurs de demain.

Et les jeunes filles qui ont chanté à ma mort.

5 8 CJiansons du Cobzar

Parce qu elles ont la jeunesse, Feront aussi place aux vierges futures, Et leur âme, comme mon âme, Restera pleine de parfums.

Et les vierges de demain ne sauront jamais que j'ai fleuri

Et verront d'autres fleurs.

Mais mon âme qui est pleine de parfums rappellera aux femmes le temps où elles étaient jeunes filles, Et elles regretteront d'avoir chanté à ma mort. Et j'emporte avec moi les regrets des papillons Et le souvenir du soleil, Et la rumeur du printemps.

Et mon parfum est doux comme une parole d'enfant. Et j'ai bu la fécondité de la terre - Pour en faire lame de mes parfums Oui survivront à ma mort.

Et je dis aux fleurs de demain, enfants de mes racines : Aimez bien le soleil comme nous l'avons aimé, Et les amoureux et les oiseaux, Afin que lorsqu'ils vous voient refleurir Ils ne songent pas à ma mort Et croient que ce sont les mêmes fleurs toujours. Comme le soleil qui croit qu'il y a toujours Sur terre les mêmes amoureux et les mêmes oiseaux,

Chansom dit Cobzar

Puisqu'il est immortel Ht ne pense jamais à la mort.

Je suis les fleurs d'hier

Et j ai bu ma dernière rosée.

Et les jeunes filles ont chanté à ma mort.

Et la lune me voit couché dans le linceul

De m.a dernière rosée.

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