‹ Le Rhapsode de la DàmbovitaChapitre 22 sur 94 · LES DEUX COUTEAUX · texte numérisé non relu

LES DEUX COUTEAUX

L'acacia a des fleurs blanches Et mon collier des perles bleues.

La voix du cobzar retentit dans la nuit.

Mon frère avait deux couteaux très luisants Qui luisaient en croix sur le mur.

Et je ne savais pas pourquoi mon frère aimait ses couteaux. Quand le soleil tombe dans la rivière la plaine est toute

Cliansons du Cobzar 73

Si mon bien-aimé m'aimait je passerais ma vie A chanter son amour, Et lui filer des chemises en toile fine. Quand il fait très noir dans la chambre, J'entends parler les deux couteaux.

L'un dit : J'ai tué l'épousée, Et l'autre : J 'ai tué l'époux.

L'un dit : Elle avait le sang tiède, comme l'œuf sous l'aile

de l'oiseau, Et l'autre : 11 avait le sang rouge, Comme le vin dans les verres.

Pour aller vers leur maison on doit passer la rivière. Et la maison ne savait pas que nous étions venus Tuer l'époux et l'épousée.

Elle avait son voile sur sa tête Et des bracelets à son bras ; Elle écoutait s'en aller la rivière, et son dernier jour S'en allait aussi.

Et depuis l'âme de l'épouse Et l'âme de l'époux reviennent nous maudire Et disent : Couteaux luisants en croix au mur Qu'avez-vous fait de notre sang?

Et nous répondons à ces âmes :

La rivière a lavé le sang, et la rivière s'en va. Qu'avez-vous fait de notre sang, disent les âmes?

CJiansons du Cobzar

Nous l'avons séché cm soleil, et le soleil brille. Les âmes disent :

Ou'avez-vous fait de notre sang?

Nous l'avons bu et nous luisons.

L'acacia a des fleurs blanches Et mon collier des perles bleues La voix du cobzar retentit dans la nuit.

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