CHANSON DU PRINTEMPS
je pleure, puisque le vent souffle.
Tu chantes dans le soleil qui luit
Et deux oiseaux passent et l'un me demande : Pourquoi
tu pleures?
Et l'autre te demande : Pourquoi tu chantes? Et le ciel répond : C'est leur jeunesse. Ne cueille point des fleurs sur les tombes Car les pauvres morts n'ont que cela.
Chansons du Cobzar
Tandis que nous avons la jeunesse
Ta main joue avec ton collier et toutes les branches ont
des nids.
Ne trouble pas en riant le silence des tombes,
Car les morts n'ont que le silence.
Ta ceinture s'enroule six fois autour de ta taille et quand
tu bois
La source te demande de boire encore.
Ne dis pas aux tombes que le printemps est doux,
Car les morts n'ont que l'oubli.
J'ai pris dans mon âme le regard de tes yeux Et le bruit de ton fuseau emplit mon oreille.
J'aime ton seuil que je franchis
Et ton seuil sourit dans les fleurs.
Ne dis pas aux tombes que l'amour dure.
Car elles ne te croiront pas.
Je pleure, puisque le vent souffle.
Tu chantes dans le soleil qui luit.