‹ Le Rhapsode de la DàmbovitaChapitre 23 sur 94 · CHANSON DU PRINTEMPS · texte numérisé non relu

CHANSON DU PRINTEMPS

je pleure, puisque le vent souffle.

Tu chantes dans le soleil qui luit

Et deux oiseaux passent et l'un me demande : Pourquoi

tu pleures?

Et l'autre te demande : Pourquoi tu chantes? Et le ciel répond : C'est leur jeunesse. Ne cueille point des fleurs sur les tombes Car les pauvres morts n'ont que cela.

Chansons du Cobzar

Tandis que nous avons la jeunesse

Ta main joue avec ton collier et toutes les branches ont

des nids.

Ne trouble pas en riant le silence des tombes,

Car les morts n'ont que le silence.

Ta ceinture s'enroule six fois autour de ta taille et quand

tu bois

La source te demande de boire encore.

Ne dis pas aux tombes que le printemps est doux,

Car les morts n'ont que l'oubli.

J'ai pris dans mon âme le regard de tes yeux Et le bruit de ton fuseau emplit mon oreille.

J'aime ton seuil que je franchis

Et ton seuil sourit dans les fleurs.

Ne dis pas aux tombes que l'amour dure.

Car elles ne te croiront pas.

Je pleure, puisque le vent souffle.

Tu chantes dans le soleil qui luit.

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