‹ Le Rhapsode de la DàmbovitaChapitre 30 sur 94 · L'EPOUSE · texte numérisé non relu

L'EPOUSE

Demain tu songeras au soleil d'aujourd'hui, Et tu diras au soleil de demain :

Es-tu le même soleil?

Le chemin qui mène vers ta maison est couvert de feuilles

mortes, Mais dans ta maison il fait encore printemps. Tu berces tes enfants au bruit de ton fuseau Et les fleurs te regardent passer.

Chansojis dît Cobzar 97

Quand je serai mort, ô femme, ne laisse point reposer le

fuseau.

Et quand les fleurs demanderont : Où est-il ? Réponds-leur : Il est dans la tombe.

Mais je berce son sommeil Du bruit de mon fuseau.

Car je m'en vais à la guerre et je t'ai baisé sur le front, Et ton front a pâli de sentir mon baiser. Et tu es restée seule à regarder la plaine ; Et je ne vois pas en même temps que toi le maïs jaunir, Et sans toi je verrais couler le sang. Dis à son seuil : 11 est parti pour revenir; Dis aux enfants : Il reviendra; Mais dis à ton cœur : Il est mort.

Et gémis sur moi dans le silence de ton cœur, Comme les tourterelles se lamentent dans le silence des

forêts.

Et ne me donne pas trop de larmes.

Car ce sont les sœurs aînées de loubli, Mais berce mon sommeil Du bruit de ton fuseau.

Et parle-lui des moissons et des plaines Oii le maïs mûrit.

Car la terre aime la fécondité Et je pourrai parler à la terre de sa fécondité. Et la terre où je reposerai sera joyeuse.

CJmiisons du Cobzar

Demain tu songeras au soleil d'aujourd'hui. Et tu diras au soleil de demain :

Es-tu le même soleil ?

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