LE BRAVE
Tu as porté à la rivière des fleurs, et des pleurs, de
pleurs et des fleurs, Et les fleurs ont fui, et les pleurs ont fui. Et l'onde a pris tout, excepté ton chagrin.
Je dors sous les étoiles avec ma main sur mon cœur;
Je marche sous le soleil Et je dis aux étoiles : Quand vous me verrez mort. Et je dis au soleil : Quand tu verras mon sang.
loo Chansons dii, Cobza>
Et les étoiles aiment mon sommeil, Et le soleil aime mes combats.
Mon fusil m'est léger comme la feuille à l'arbre, Comme la première fleur blanche du pommier. Et je si meurs à l'ombre du pommier jeune, Ses fleurs blanches tomberont sur moi.
Mais si je meurs dans le mais que le vent a séché
Il continuera à bruire au vent.
Et si je meurs auprès du vieux puits on en tirera de l'eau
tout de même, Et comme je ne mourrai pas sur ton sein, bien aimée,
Pour que tes larmes tombent sur moi, J'aime mieux être de ceux qui meurent au grand soleil,
en lui souriant.
Et nulle femme ne gémira sur moi, Et nul homme ne creusera ma tombe.
Comme la lune est douce, ce soir.
On dirait qu'elle t'a vue, ma bien-aimée. Et qu'elle s'étonne de te voir si belle. Et qu'elle est douce aux hommes, parce que Le vent vole comme un oiseau On dirait qu'il a touché ton voile, Et qu'il aime la terre parce qu'il y a vu ton voile flotter. La tombe du brave est chère au passant. On dirait que ton pas l'a foulée,
Chansons dît, Cobzay lOi
Car les tombes mêmes sont joyeuses quand tu les foules. La tombe du brave est chère au passant Et le signe de croix que fait le passant Est cher au brave dans sa tombe.
Et le souvenir des hommes suit le brave dans sa mort. Et la mort du brave est sainte comme le berceau de
l'enfant.
Et le drapeau est pur comme les langes. Et le baiser que la mort donne au brave est doux comme
le baiser de l'enfant.
Et il dort béni par la pensée des hommes Et la chanson des foyers, lit on dit au printemps, en voyant refleurir les fleurs :
Il ne les voit plus refleurir!
Et l'on dit à sa mère : Salut, ô mère, tu es sa mère ; Et on dit à son épouse : Femme, tu es sa femme; Et à ses enfants : Vous êtes ses enfants. Et tous vont à sa tombe pour le remercier D'avoir été leur fils, leur époux et leur père! Et il se réjouit de les sentir près de sa tombe, Car les étoiles aiment son sommeil Et le soleil aime ses combats.
Chanso7is du Cobzar
Tu as porté à la rivière des fleurs et des pleurs, des pleurs
et des fleurs.
Et les fleurs ont fui, et les pleurs ont fui, Et l'onde a tout pris excepté, ton chagrin.
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CHANSON TZIGANE
!Mon couteau a deux lames, mon cœur n'a qu'un amour; Le ciel n'a qu'un soleil, mon cœur a deux chagrins. Lames du couteau, soleil du ciel, vous brillez, vous
brûlez, et mon chagrin me tue.
J'ai dit à la rivière : Pourquoi es-tu si triste? C'est que j'ai
bu tes larmes.
J 'ai dit â la rivière : Que t'ont dit mes larmes? Nous avons bu son resj^ard.
Chauso?is du Cobzar
l 'ai dit à la rivière : Que veux-tu boire encore ?
Son sang-.
J'ai dit à la rivière . Que te dira son sang?
Je me refroidis, J 'ai dit à la rivière : Que lui répondras-tu ?
Tant mieux, j'ai dit à la rivière : Que veux-tu boire encore? Son sang.
Tvlon couteau a deux lames, mon cœur n'a qu'un amour; Le ciel n'a qu'un soleil, mon cœur a deux chagrins. Lames du couteau, soleil du ciel, vous brûlez, vous brillez,
mais mon chagrin me tue.