L'ADIEU
Je vois les oiseaux passer dans le ciel, Et la rivière leur demande : Oii allez-vous? Et les oiseaux ne disent pas à la rivière Le secret de leur vol.
Comme il me plaît de l'entendre Quand il vient par les bois et qu'il chante comme eux. Car je l'ai aimé toujours et mon fuseau le sait, Et mon fuseau sait aussi que lui ne sait pas mon amour.
Chansons du Cobzar 109
Je le voudrais là-bas, bien loin, à la guerre,
Pour prier pour lui quand je prie.
lit il s'en ira à la guerre, car celui que j'aime est brave Et la terre entière sourit quand il sourit. Il n'a point bu dans ma cruche, Et sa maison est lointaine, .
lit je voudrais être le ciel qui voit tout, pour voir le toit
de sa maison.
La plaine était toute verte.
Il s'en est allé de la plaine et j'ai dit : On dirait l'hiver!
Lorsqu'il touche ma ceinture, je sens que je l'aime,
Et je me le dis cent fois à moi-même. Et j'ai dit à la tombe : Est-on bien dans ^n sein ? Et la tombe a dit : L'on est mieux sur le cœur de celui
qu'on aime.
Ah! prends ton épée et va-t'en à la bataille.
Sans cela je te dirai que je t'aime.
Et quand tu seras loin, je le dirai à la plaine Et je pourrai prier pour toi.
Je vois les oiseaux passer dans le ciel. Et la rivière leur demande : Où allez-vous? Mais les oiseaux ne disent [ as à la rivière Le secret de leur vol.