JE NE TE PLEURE PAS
Sur le banc de ma porte, Deux hommes sont venus s'asseoir.
Ils avaient l'air très las, ils causaient à voix basse. Et ces hommes ont repris leur chemin, Et je n'ai jamais pu savoir qui ils étaient.
Celui que j'aime est mort et je ne le pleure point,
Puisqu'il m'a dit de ne point le pleurer. Les maïs ont poussé, les rivières sont basses,
Chansons du. Cobzar
Et les jeunes filles les traversent en mouillant les bords de
leurs tabliers Et leurs ceintures sont mouillées aussi. Je ne pleure point, puisqu'il m'a prétéré la tombe, Et je ne veux point être jalouse de la tombe Et lui envier le sommeil du bien-aimé.
Mais je lui dis : Garde-le, il est tien. Mais la tombe a pris aussi mon sourire. Et le bruit joyeux de ma voix.
Et la légèreté de mes pas Et je lui dis : Rends-les moi.
]\Iais elle me répond : Le bien-aimé serait seul. Alors je dis au bien-aimé : Réveille-toi pour me rapporter Mon sourire et le bruit joyeux de ma voix Et la légèreté de mon pas.
Mais il ne m'écoute pas et je serai forcée de descendre
dans la tombe Pour les lui demander; Mais je sais bien que lorsque je serai dans la tombe Et que je verrai mon bien-aimé, Je voudrai y demeurer pour toujours, Avec mon sourire et le bruit joyeux de ma voix Et la légèreté de mon pas.
Chansons dic Cobzar
Sur le banc de ma porte, Deux hommes sont venus s'asseoir.
Ils avaient l'air très las, ils causaient à voix basse Et les hommes ont repris leur chemin Et je n'ai jamais pu savoir qui ils étaient.