L'ATTENTE
Lorsque l'on passe sur les routes blanches. On aime à voir de loin les arbres des forêts, Et les arbres disent au voyageur : Sois joyeux sur les
routes blanches.
Chaque matin je reste à ma fenêtre pour voir s'il passera
au travail, Et le soir je m.'y mets encore pour voir s'il en reviendra. Et il me sourit en passant et j'ai assez de son sourire.
Chansons du Cobzar 145
Pour trouver hi vie joyeuse et la chaumière ensoleillée;
Et son sourire fait voler mon fuseau.
Et si je n'avais pas son sourire, mon fuseau resterait oisif. Ne prends jamais pour aller au travail un chemin Oui ne passe pas devant ma chaumière, Car ma vie perdrait son soleil Et mon fuseau son agilité.
Et j'ai planté des fleurs autour de mon seuil, Pour que tu les regardes et me voies aussi Non loin des fleurs.
Et tu reviens le soir, très las et très joyeux,
Avec quelque chanson sur les lèvres, Où tu chantes ceux qui ont beaucoup aimé. Et je me demande s'ils ont aimé autant que moi, Et si j'en mourrai aussi.
Et j'ai soudain très pitié de moi, A la pensée que je pourrais mourir.
Et que tu m'oublierais.
Puisque tu ne me donnes qu'un sourire, Et dans la tombe j'aurais aussi besoin de tes larmes.
Ah! je ne dois point mourir :
Tu dois me voir toujours à ma fenêtre le matin, lorsque tu vas au travail.
Et le soir quand tu en reviens.
CImusons dit Cobza)'
Lorsque l'on passe sur les routes blanches, On aime à voir de loin les arbres des forêts, Et les arbres disent au voyageur : Sois joveux sur les
routes blanches.
mm^m^^m