‹ Le Rhapsode de la DàmbovitaChapitre 53 sur 94 · LE TORRENT DE LARMES · texte numérisé non relu

LE TORRENT DE LARMES

J'ai vingt ducats à mon collier des dimanches, Et quand je ris, les oiseaux disent : Comme elle rit

joyeusement.

Le chemin qui suit la rivière est le plus court pour arriver

au village.

Ne songe plus ci ce c[ue tu as vu, Car ton front sera toujours triste si tu y songes toujours. Le haïduck avait deux manteaux,

i68 Chansons du Cobzar

Et son cheval était rapide.

Et les jeunes filles aimaient le haïduck à cause de son

cheval et de ses manteaux, Et de ses chansons.

Un soir, en passant près d'une tombe, le haïduck

Entendit sa bien -aimée morte lui dire : Donne-m^oi ton manteau, j'ai froid dans la tombe, Et le haïduck passa sans donner son manteau. Puis sa bien-aimée morte lui dit :

Donne-moi ton baiser, j'ai froid dans la tombe, Et le haïduck passa sans donner son baiser. Puis sa bien-aimée morte lui dit :

Arrête ton cheval rapide, j'ai froid dans la tombe, Et le haïduck passa sans arrêter son cheval. Puis sa bien-aimée morte lui dit :

Chante-moi tes chansons, j'ai froid dans la tombe.

Et le haïduck passa sans chanter ses chansons. Alors sa bien-aimée morte pleura dans la tombe, Et les larmes devinrent une rivière pour arrêter Les pas de son cheval, Et les larmes firent taire ses chansons.

j'ai vingt ducats à mon collier des dimanches, Et quand je ris les oiseaux disent :

Chansons cite Cobzar

Comme elle rit joyeusement.

Le chemin qui suit la rivière est le plus court pour arriver

au village.

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