LE TORRENT DE LARMES
J'ai vingt ducats à mon collier des dimanches, Et quand je ris, les oiseaux disent : Comme elle rit
joyeusement.
Le chemin qui suit la rivière est le plus court pour arriver
au village.
Ne songe plus ci ce c[ue tu as vu, Car ton front sera toujours triste si tu y songes toujours. Le haïduck avait deux manteaux,
i68 Chansons du Cobzar
Et son cheval était rapide.
Et les jeunes filles aimaient le haïduck à cause de son
cheval et de ses manteaux, Et de ses chansons.
Un soir, en passant près d'une tombe, le haïduck
Entendit sa bien -aimée morte lui dire : Donne-m^oi ton manteau, j'ai froid dans la tombe, Et le haïduck passa sans donner son manteau. Puis sa bien-aimée morte lui dit :
Donne-moi ton baiser, j'ai froid dans la tombe, Et le haïduck passa sans donner son baiser. Puis sa bien-aimée morte lui dit :
Arrête ton cheval rapide, j'ai froid dans la tombe, Et le haïduck passa sans arrêter son cheval. Puis sa bien-aimée morte lui dit :
Chante-moi tes chansons, j'ai froid dans la tombe.
Et le haïduck passa sans chanter ses chansons. Alors sa bien-aimée morte pleura dans la tombe, Et les larmes devinrent une rivière pour arrêter Les pas de son cheval, Et les larmes firent taire ses chansons.
j'ai vingt ducats à mon collier des dimanches, Et quand je ris les oiseaux disent :
Chansons cite Cobzar
Comme elle rit joyeusement.
Le chemin qui suit la rivière est le plus court pour arriver
au village.