LA MAISON DU COBZAR
J'ai pris toutes ces perles pour les enfiler, Mais ma main tremble et les perles tombent. Et elles roulent dans le blé nouveau.
Entre dans la maison du cobzar, elle est toujours ouverte. Et les oiseaux y font leur nid comme dans la forêt, Et le soleil y loge tout le jour comme dans le ciel ; Mais dans le ciel il luit pour tout le monde, Et dans la maison du cobzar il est de la maison.
238 Chansons du Cobzar
Et il y a aussi un puits près de la porte,
Et l'eau y monte toute seule.
Et dans la maison du cobzar la lune en entrant Devient une belle jeune fille qui sourit. Et dans la maison du cobzar, la douleur en entrant Devient une belle femme au visage doux et triste. Et le cobzar est assis par terré dans sa maison et il ne se
lève pas Quand on y entre, mais il vous montre le ciel par sa fenêtre. Et si l'on a soif il ne vous donne pas à boire, Mais il vous montre le puits.
Et si l'on pleure il ne vous essuie pas vos larmes, Mais il vous chante des chansons.
La maison du cobzar est chère aux cigognes,
Et les hirondelles la connaissent, Et elles disent de loin en la voyant : Allons-y,
Puisque l'on y chante.
Et quelquefois une femme s'accoude à la fenêtre Pour regarder dans la maison.
Et elle voit chanter le cobzar.
Et il a dans sa maison des poignards et des fleurs, Mais il ne les montre jamais et la maison paraîtrait vide
Sans le soleil et les chansons.
Et partout il y a des fenêtres pour voir le ciel et l'herbe, Et l'herbe semble pousser dans la maison, tant on la voit.
Chaiisonsi du Cobzar
J'ai pris toutes ces perles pour les enfiler, Mais ma main tremble et les perles tombent, Et elles roulent dans le blé nouveau.