CELUI OUI SE SOUVIENT
La vache est morte, et le jeune garçon pleure; Les caillous des chemins sont lavés par la pluie ; Mon manteau blanc a des fleurs noires.
J'ai dit à celui qui se souvient :
Que vois-tu?
Et il m'a dit : je vois toujours mon cœur. Et j'ai dit : regarde la plaine et les collines,
Et le moulin qui attend le couchant
Chaiisons du Cobzar 265
Pour se reposer,
Et l'aurore pour s'éveiller.
Regarde les maisons où sont les donita pleines
Et les rogogines (*) sur la terre,
Et les couteaux aux murs.
Regarde le puits qui se baisse et se relève
Comme les forêts au vent.
Regarde la route où les hommes crient
Auprès des chariots.
Regarde tout! Et l'homme dit : Je vois mon cœur.
Il y fait si sombre, que j'y vois à peine ;
Mais quelque chose y bouge et quand je détourne les
yeux,
Cette chose me dit : Regarde ton cœur.
La vache est morte et le jeune garçon pleure ; Les caillous du chemin sont lavés par la pluie ; Mon manteau blanc a des fleurs noires.
(*} Tapis-natte roumain.