LARMES DE MERE
Il a mis son manteau sur le bord du fossé Pour y dormir toute la nuit.
As-tu donné de l'eau aux bœufs ? Ils étaient très assoiffés.
Je me suis assis dans l'herbe, là où il n'y avait pas de
route, Et une femme est venue par l'herbe et m'a dit :
Ne sais-tu pas où est la route ?
Et je lui ai dit : Non, je ne le sais pas.
282 Chansons du Cobzar
Et elle m'a dit : Jamais je n'ai trouvé de route sous mes
pas, Et les villages me sont toujours lointains, Et je n arrive jamais devant un seuil, Et les tombes mêmes me sont éloignées.
Et je lui ai demandé : Ton flanc a-t-il porté un fils ou
une fille?
Et elle m'a répondu : Un fils est sorti de mon flanc, Et depuis l'époux s'est éloigné de moi, Et je suis sortie dans les plaines.
Et l'enfant n'entend pas ma voix,
Mais il sourit à son père, Et j'ai voulu l'empêcher de sourire ; Et j'ai pleuré sur lui et mes larmes ont couvert son visage
Et depuis l'enfant est maudit, Car les larmes des mères sont pesantes aux enfants; Et l'enfant m'a maudite d'avoir pleuré.
Et je suis sortie dans les plaines.
Il a mis son manteau sur le bord de la route Pour y dormir toute la nuit.
As-tu donné de l'eau aux bœufs? Ils étaient très assoiffés.