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LE CŒUR NOIR

Un cœur était tout noir, le pauvre, Et rien ne pouvait le blanchir.

En vain le pauvre cœur, Priait les colombes de laisser en passant Tomber leurs ailes sur lui, Et les colombes attendries ont laissé en passant Tomber sur lui leurs ailes, Mais lui restait toujours noir.

Chansons du Cobzar 29

Et il priait la lune de le regarder très longtemps,

Et la lune le regardait tant qu'elle pouvait

Et le pauvre cœur restait toujours noir.

Et l'eau de la rivière le lavait en même temps,

Que les caillons,

Et la pluie tombait sur lui comme sur les blés.

Et le soleil avait très pitié de ce cœur noir.

Un jour vint un autre cœur, heureux,

Puiscju'il était blanc.

Et il s'approcha du cœur noir,

Et il le toucha, et le cœur noir se brisa.

Mais avant de se briser il avait blanchi.

Et ses débris étaient aussi blancs que les plumes des

tourterelles.

Un cœur était tout noir, le pauvre.

Et rien ne pouvait le blanchir.

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