LE ROSIER
Si tu prenais le chemin des peupliers,
Tu verrais la première étoile.
Va doucement, car c'est la nuit, et les oiseaux Croiront que tu es un mort qui revient ;
Et ils te diront : Pauvre mort!
Une rose pousse sur sa tombe; Elle est éclose de la poussière de son cœur, Et quand je dis : A qui m'as-tu laissée, ma mère?
Chaîisons dtc Cobzar
La rose tremble, car elle était son cœur. Je moissonne le blé et jette les gerbes dans les chariots, Et je songe à ma pauvre mère qui moissonnait le blé
avec moi.
Et dans mon sommeil je l'entends me dire : Enfant,
montre-moi tes enfants.
Et au matin je prends les petits dans mes bras
Et je les conduis vers sa tombe ; Et elle me dit : Montre-moi ton époux. Et elle me parle de mon père et me demande :
M'a-t-il oubliée ?
Et puisqu'elle me demande toutes ces choses,
Je lui ai demandé aussi : Petite mère, Que disent les morts en songeant aux vivants ? Et elle m'a répondu : Ils ont pitié.
Et je lui demandé : Petite mère, regrettes-tu d'avoir vécu ?
Et elle m'a dit : Non, car tu n'aurais pu vivre. Et je lui ai dit : Que font les morts sous la terre? Et elle m'a dit : Ils interrogent la poussière des autres, Jusqu'à ce qu'ils soient eux-mêmes poussière. Et je lui ai dit : Que fait la poussière ? Et elle m'a dit : La poussière attend que tout soit poussière comme elle.
Une rose pousse sur ta tombe ; La rose tremble, car elle était ton cœur.
2 go
Chansons d^t Cobzar
Si tu prenais le chemin des peupliers,
Tu verrais la première étoile.
Va doucement, car c'est la nuit, et les oiseaux Croiront que tu es un mort qui revient.