‹ Le Rhapsode de la DàmbovitaChapitre 91 sur 94 · LE ROSIER · texte numérisé non relu

LE ROSIER

Si tu prenais le chemin des peupliers,

Tu verrais la première étoile.

Va doucement, car c'est la nuit, et les oiseaux Croiront que tu es un mort qui revient ;

Et ils te diront : Pauvre mort!

Une rose pousse sur sa tombe; Elle est éclose de la poussière de son cœur, Et quand je dis : A qui m'as-tu laissée, ma mère?

Chaîisons dtc Cobzar

La rose tremble, car elle était son cœur. Je moissonne le blé et jette les gerbes dans les chariots, Et je songe à ma pauvre mère qui moissonnait le blé

avec moi.

Et dans mon sommeil je l'entends me dire : Enfant,

montre-moi tes enfants.

Et au matin je prends les petits dans mes bras

Et je les conduis vers sa tombe ; Et elle me dit : Montre-moi ton époux. Et elle me parle de mon père et me demande :

M'a-t-il oubliée ?

Et puisqu'elle me demande toutes ces choses,

Je lui ai demandé aussi : Petite mère, Que disent les morts en songeant aux vivants ? Et elle m'a répondu : Ils ont pitié.

Et je lui demandé : Petite mère, regrettes-tu d'avoir vécu ?

Et elle m'a dit : Non, car tu n'aurais pu vivre. Et je lui ai dit : Que font les morts sous la terre? Et elle m'a dit : Ils interrogent la poussière des autres, Jusqu'à ce qu'ils soient eux-mêmes poussière. Et je lui ai dit : Que fait la poussière ? Et elle m'a dit : La poussière attend que tout soit poussière comme elle.

Une rose pousse sur ta tombe ; La rose tremble, car elle était ton cœur.

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Chansons d^t Cobzar

Si tu prenais le chemin des peupliers,

Tu verrais la première étoile.

Va doucement, car c'est la nuit, et les oiseaux Croiront que tu es un mort qui revient.

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