‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 104 sur 250 · IL Lemonniek, op. cit., p · texte numérisé non relu

IL Lemonniek, op. cit., p

Roi en Allemagne ; l'archevêque de Mayence, son frère, obtenait un don de 120.000 florins, une annuité de 10.000 i ». Mais en même temps, Joachim recevait de Charles 130.000 florins. Et dire que dans l'histoire de la Maison de Brandebourg, le marquis Joachim est surnommé le « Nestor » de la famille, à cause des conseils de sagesse et d'habileté prudente qu'il donnait aux siens !

Malgré tout, Charles ralliait à lui l'opinion dans le clergé allemand et chez les barons féodaux, en faisant valoir que son rival François était un Français, tandis que lui, Charles, avait du sang allemand dans les veines. « S'il n'estoit, disait-il, de la vraye rasse et origine de la nation germanique », il n'aspirerait pas à l'empire, mais les Electeurs « connaissent assez que le vray estoc (origine) et premier fleuron de sa noblesse vient de la Maison d'Austrice, dont à présent il est vray successeur et héritier 2 » .

En France même, bien des conseillers du Roi n'étaient guère partisans de sa candidature; tous reconnaissent bien la nécessité d'éviter, à tout prix, l'élection de Charles qui eût occasionné la guerre, mais ils disaient que la seule chose importante, c'était d'empêcher Charles d'être élu, et qu'on y parviendrait plus sûrement en soutenant la candidature d'un autre prince allemand.

D'aucuns, parmi les partisans de Charles, affectaient de se montrer scandalisés de l'ignominie des Electeurs qui, sans pudeur, étaient au plus offrant, passaient de l'un à l'autre, touchaient des deux mains. Ils disaient, résignés : « Puisqu'on y est, il faut passer oultre et non regarder à leur honte 3. »

Malheureusement pour François Ior, plusieurs de ceux qui se disaient ses partisans étaient plutôt compromettants pour sa cause et indisposaient l'opinion. Le chef de bandes Sickingen vint, sans prétexte, mettre le siège sous les murs de Metz; il en ravagea les environs et il ne consentit à s'éloigner, en 1518, qu'a- ' près que les Messins lui eurent payé une rançon de 25.000 flo-

Page 1