‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 111 sur 250 · Rod. Reuss, l'Alsace au XVII° siècle, p · texte numérisé non relu

Rod. Reuss, l'Alsace au XVII° siècle, p

Le 17 août 1552, le duc François de Guise arriva à Metz pour consolider ces faciles conquêtes dans un pays qui attendait la France depuis si longtemps. Il mit la place en état de défense : elle allait être attaquée par le duc d'Albe au nom de l'Empereur. « Ce qui, raconte Lemonnier, compliquait pour le duc de Guise la difficulté de la défense, c'était la présence du marquis Albert de Brandebourg1 qui disposait de 3.000 cavaliers, de 15.000 piétons et de 40 pièces d'artillerie. Ce personnage équivoque, rejeté par l'Allemagne comme un brigand, s'était réfugié dans la région lorraine, à la faveur de la guerre, et négociait à la fois avec le roi de France et l'Empereur. Il se tenait autour de Metz, demandant d'être introduit dans la ville, mais repoussé par Guise qui se méfiait de lui, à juste titre1. »

Après l'arrivée de Charles-Quint, le 20 novembre, Albert de Brandebourg se vendit à l'Empereur ; du haut de la colline de Saint-Quentin, il se mit à bombarder Metz, tirant, déjà, sur la cathédrale ; mais les gens de la ville ne « faisaient que rire » de ses efforts, disent les Chroniques messines.

Le siège de Metz fut un désastre pour les Impériaux. Le 1er janvier 1553, Charles-Quint fut obligé de le lever; tous ses soldats étaient malades. Sur 60.000 hommes qu'il avait, au début du siège, il n'en ramenait que 12.000 en état de se battre encore. Les Français n'avaient perdu que 22 personnes notables et quelques hommes d'armes. Le duc de Guise se montra aussi généreux envers les blessés et les malades, qu'il s'était montré habile et valeureux guerrier. La trêve de Vaucelles, en février 1556, garantit à la France toutes ses conquêtes.

L'acquisition des trois Evêchés, loin de satisfaire les vœux des Français et l'ambition du Roi, ne fit qu'exciter Henri II à pousser plus loin ses revendications rhénanes. Il continua à servir les protestants d'Allemagne, pour s'en servir. Averti de ces menées incessantes, Ferdinand écrit, en 1557, à son neveu, le roi d'Espagne : «...On m'informe que les Français, redoublant de ruse et d'audace, s'étayent d'inventions diaboliques si préjudiciables et si dangereuses que, à moins d'y porter le plus

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