‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 116 sur 250 · Mariéjol, op. cit., p · texte numérisé non relu

Mariéjol, op. cit., p

France en son ancienne splendeur et la rendre supérieure à tout le reste de la chrestienté », ce serait de lui rendre les pays voisins qui « lui ont autrefois appartenu, et semblent estre de la bienséance de ses limites », savoir la Savoie, la Franche-Comté, la Lorraine, l'Artois, le Hainaut, les provinces des Pays-Bas, y compris Glèves et Juliers ; mais serait-il possible de s'y maintenir sans provoquer des rivalités acharnées et des guerres ruineuses l ? Il est convenable aussi de ménager « ceux qu'une aversion d'esprits ou contrariété de langues, lois et usances peut rendre comme incompatibles », attendu « que les dominations les plus heureuses et les mieux assurées étaient celles dont les sujets obéissent volontairement, franchement et gaiement2 ». L'empereur Rodolphe II continuait à faire cause commune avec le roi d'Espagne, Philippe III, successeur de Philippe II. C'était donc, comme autrefois, l'encerclement de la France. La politique d'Henri IV ne pouvait poursuivre d'autre but que de chercher à se dégager, par l'abaissement de la maison d'Autriche. Un nouvel accord, qui ne changea rien à la situation, fut conclu entre la France et l'Espagne, le 12 octobre 1604. Quelques mois après, Henri IV proposait aux Provinces-Unies de les aider « à s'emparer des provinces demeurées espagnoles, si elles consentaient à lui céder le comté de Flandre et les pays de langue française3 ». Comme le sort des armes favorisait alors les Hollandais, ils firent la sourde oreille. Mais bientôt, Maurice de Nassau n'éprouva plus que des revers ; il fut vaincu coup sur coup, par Spinola. Lorqu'Henri IV eut lieu de penser que les Espagnols victorieux allaient redevenir les maîtres des Provinces-Unies, il fit aux révoltés des propositions encore plus hardies; à plusieurs reprises, en 1606 et 1607, il leur demanda s'ils voudraient reconnaître la suzeraineté de la France. Ce projet, favorisé par Aerssen, ambassadeur des Hollandais à Paris, resta dans les négociations de chancellerie, mais il fut connu de Philippe III qui, malgré les succès de son lieutenant, en redouta la réalisation éventuelle. Quoique victorieux, en

1. Albert Sorel, VEurope et la Révolution française, t. I, pp. 267-268.

Page 1