LE ROYAUME FRANC DE CLOVIS
Au milieu des horreurs dont les annales de la dynastie mérovingienne sont remplies, une grande idée domine et hante l'esprit de ces hommes farouches, de ces femmes atrocement ambitieuses : chacun cherche à reconstituer à son profit l'unité de la Gaule, parce qu'il sent qu'elle subsiste dans l'instinct des populations. Pour réaliser cette unité et créer la monarchie franque, il faut, à chaque génération, faire disparaître les effets des partages successoraux que veut la coutume traditionnelle des Germains; pour être l'héritier unique, chacun songera à supprimer ses rivaux copartageants, inexorablement, fussent-ils ses frères, ses neveux, ses parents à un degré quelconque.
Ce n'est point par là, toutefois, que Glovis eut à faire débuter la création de la monarchie. Il commença par enlever au patrice romain Syagrius le pays d'entre la Somme et la Loire; puis, il tourna ses armes contre les Alamans.
Ces Barbares, dont les premières déprédations sur le haut Rhin et en Alsace remontaient à deux siècles et demi, avaient le génie du pillage à fond ; ils ne laissaient rien derrière eux ; ils savaient découvrir toutes les cachettes; s'ils l'eussent pu, ils eussent emporté jusqu'aux murailles des maisons, dit un historien du ve siècle1. Ils occupaient, au temps de Glovis, sur la